<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Soci&#233;t&#233; d'Histoire de la Naissance</title>
	<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Soci&#233;t&#233; d'Histoire de la Naissance</title>
		<url>http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L144xH110/siteon0-a3f01.jpg</url>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/</link>
		<height>110</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;e d' &#233;tude du 23 Mars 2013</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article71</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article71</guid>
		<dc:date>2013-02-28T21:23:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Soci&#233;t&#233; d'Histoire de la Naissance, Willy Belhassen</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#201;cole de sages-femmes BAUDELOCQUE Universit&#233; Paris V - Facult&#233; de M&#233;decine Paris Descartes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;H&#244;pital Saint-Vincent de Paul&lt;/p&gt; &lt;p&gt;B&#226;timent Mich&#232;le Rapine-Porte 2&lt;/p&gt; &lt;p&gt;82, avenue Denfert-Rochereau
75014 PARIS
T&#233;l : 01 58 41 13 90&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Les journ&#233;es d'&#233;tudes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques mots...</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article69</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article69</guid>
		<dc:date>2012-09-14T22:15:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Soci&#233;t&#233; d'Histoire de la Naissance</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Hommage &#224; Max Ploquin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici quelques t&#233;moignages de personnes qui ont connu Max. Merci pour ces quelques mots.
N' h&#233;sitez pas &#224; nous adresser votre participation si vous le d&#233;sirez.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Max Ploquin&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Disparition d'un grand monsieur , pionnier de l'accouchement sans douleur ;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Sans lui tout aurait &#233;t&#233; si diff&#233;rent pour mon mari et moi &#224; la
naissance de mes filles.Que de souvenirs merveilleux &#224; la maternit&#233; des
Bleuets, une grande place pour les projets de naissance, l'haptonomie,
l'accueil chaleureux de l'&#233;quipe, et l'&#233;coute et la g&#233;n&#233;rosit&#233; de
Max.Une pens&#233;e pour toi et tes proches cet apr&#232;s- midi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Annick et Dominique Bouill&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette nouvelle me tombe dessus comme une foudre dans le ciel bleu et me remplit d'une immense tristesse !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Max a &#233;t&#233; une r&#233;f&#233;rence pour notre g&#233;n&#233;ration de sages-femmes. J'ai rencontr&#233; Max &#224; Paris, lors d'un congr&#232;s entre 1983 et 1986 en tant qu'&#233;l&#232;ve sage-femme. Je me souviens qu'il m'a fait grande impression !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis, je n'ai jamais loup&#233; les rencontres de Ch&#226;teauroux qui &#233;taient un rendez-vous incontournable. Ces rencontres, c'&#233;tait lui. Il a toujours mis tant d'ardeur et de conviction dans la mise sur pied de ces journ&#233;es qui nous redonnaient une bouff&#233;e d'air et une belle motivation &#224; continuer notre travail. Nous repartions de Ch&#226;teauroux &quot;gonfl&#233;s &#224; bloc&quot; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi tant de choses, il a jou&#233; un r&#244;le dans le d&#233;veloppement de l'ASD et a toujours &#233;t&#233; d&#233;fenseur de la naissance physiologique. Il est rest&#233; fid&#232;le &#224; ses principes jusqu'&#224; la fin !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette nouvelle m'attriste beaucoup. Je suis tr&#232;s fort en pens&#233;e avec sa famille, &#224; qui je transmets mes plus sinc&#232;res condol&#233;ances, mes aussi avec toi et avec toutes les personnes qui ont eu la chance de le c&#244;toyer, de l'appr&#233;cier et de l'aimer !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorenza Bettoli Musy&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est avec une grande &#233;motion que nous avons appris la disparition de Max Ploquin, samedi dernier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Gyn&#233;cologue-accoucheur, figure historique des r&#233;volutions autour de l'accouchement sans douleur et &#224; la t&#234;te de l'association ''Quelle naissance ? Les Rencontres de Ch&#226;teauroux'', Max Ploquin se battait pour la libert&#233; de choix des femmes et des parents, et il a &#233;t&#233; un des rares m&#233;decins assez courageux pour soutenir le mouvement de lib&#233;ralisation de l'avortement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pour les Etats G&#233;n&#233;raux de la Naissance en 2006 &#224; Ch&#226;teauroux que Max a rejoint le CIANE et s'est propos&#233; de nous aider &#224; la pr&#233;paration de ces journ&#233;es. Et c'est l&#224;, pour la premi&#232;re fois que personnellement en tant que pr&#233;sidente du CIANE, j'ai fait la connaissance de ce sacr&#233; personnage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par la suite, les membres du CIANE ont continu&#233; &#224; beaucoup &#233;changer avec lui. Max &#233;tait constamment pr&#233;sent sur la liste Ciane et malgr&#233; ses 4 fois vingt ans l'utilisation de la communication &#233;lectronique n'avait pas de secret pour lui.
Max a contribu&#233;, avec son regard professionnel, &#224; nos analyses sur l'accompagnement et l'autonomie des parents lors de la grossesse et de la naissance de leur enfant, sujet cher &#224; son c&#339;ur et sur lequel il avait beaucoup travaill&#233;.
Nous avions encore de beaux projets et m&#234;me si sa sant&#233; &#233;tait devenue plus fragile, Max continuait, &#224; mettre de l'&#233;nergie pour partager, et faire le chemin avec nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour tant de gentillesse Max, ''Merci et chapeau bas''.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chantal Ducroux-Schouwey, Pr&#233;sidente
Et toute l'&#233;quipe du CIANE
28 ao&#251;t 2012&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pens&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;je prends enfin le temps de vous &#233;crire un petit mot ; merci de m'avoir
tenue inform&#233;e du d&#233;part de notre cher Max. La nouvelle m'a profond&#233;ment
&#233;mue, d'autant que quelques semaines plus t&#244;t encore, il m'encourageait
(nous avions le projet d'une conf&#233;rence sur le conditionnement culturel
&#224; la douleur pour la femme...) et me rassurait (en gros : &quot;ce n'est
rien, je finis de me remettre et on y va !&quot;).
Je pense fort &#224; sa famille, &#224; ses amis proches, &#224; toutes les familles
qu'il a si bien accompagn&#233;es, &#224; toutes les &#233;toiles qu'il aura mis dans
les yeux, dans les vies... et qui continueront de briller par chaque
pens&#233;e que nous aurons pour lui.
Je veux croire qu'il reste &#224; nos c&#244;t&#233;s ; quand je me d&#233;courage, je me
rappelle son &#233;nergie...
C'est une des rencontres qui resteront marquantes sur ma route, &#224; bien
des niveaux.
En esp&#233;rant que &quot;la rel&#232;ve&quot; s'affirme un peu plus... Je penserai tout
sp&#233;cialement &#224; vous pour les Rencontres de Chateauroux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien amicalement,
Amandine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai appris le d&#233;c&#232;s de Max...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;...samedi et je viens de repenser ( &#224; l'heure
de ses obs&#232;ques) une fois de plus &#224; lui alors que je suis &#224; des
centaines de Km de Ch&#226;teauroux.
Il m'a fait accoucher de mes 2 enfants alors que sa clinique se tenait
encore rue Ledru- Rollin. Sa m&#233;thode d'accouchement a compl&#232;tement
chang&#233; ma vie et je l'en remercie encore une derni&#232;re fois, lui et son
&#233;quipe d'alors.
J'esp&#232;re que tout son travail aura servi &#224; faire &#233;voluer les mentalit&#233;s
autour de la naissance et des conditions de vie des femmes.
Adieu Max&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous m'avez appris le d&#233;c&#232;s de Max...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;... je n'oublierai jamais sa grande g&#233;n&#233;rosit&#233;, il m'avait invit&#233; aux &#201;tats G&#233;n&#233;raux de la naissance en 2006, car mon employeur avait refus&#233; de me &quot;l'offrir&quot; pour des raisons que je qualifierait d'id&#233;ologiques. (D&#233;j&#224; en 2002 cela n'avait pas &#233;t&#233; facile de les convaincre)
Depuis la naissance de mon premier enfant j'ai toujours cru aux principes fondamentaux de l'accouchements sans douleur, en devenant sage-femme 10 ans plus tard je n'ai eu de cesse de mettre en pratique l'accompagnement de la naissance, Max fut un de ceux sur qui on pouvait s'appuyer pour maintenir la flamme. Je souhaite de tout c&#339;ur qu'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de &quot;ma&#239;euticien[ne]s reprenne le flambeau...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nicole SIMON-LAFAYE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oh Max...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;...j'ai voulu croire que ton r&#233;cent AVC n'&#233;tait pas grave ! J'avais chang&#233; les dates de tes ateliers sur ton site Internet il y a peu de temps. Cela te ressemble bien d'&#234;tre d&#233;sol&#233; de nous quitter : c'est tout toi. Tu as su combien tu comptais tellement pour nous, peu avant de partir, toi qui signais parfois &quot;tonton Max&quot; dans nos correspondances, en pensant &#224; mes enfants. Tu seras toujours dans nos c&#339;urs !
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sophie Gamelin&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salut l'artiste, ai-je envie de te dire cher Max !
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;sol&#233;, tu dois l'&#234;tre de nous laisser et d'abandonner les femmes, les
hommes et les b&#233;b&#233;s que tu savais si bien accompagner ; toi le
passionn&#233;, le militant, le g&#233;n&#233;reux, le respectueux, ... les mots me
manquent pour te dire combien tu &#233;tais important dans ce monde de la
naissance et ce que tu as permis de r&#233;aliser , de mettre en oeuvre,
d'accomplir au quotidien et au long cours.
J'ai eu beaucoup de plaisir &#224; partager avec toi des projets, des stages,
des formations et ton ENTHOUSIASME ind&#233;fectible.
au plaisir et bon vent dans cet autre partie de la Vie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Virginie Mandin Derobe&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suis venue dans les ann&#233;es 8o &#224; Ch&#226;teauroux,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; &#233;blouie par la libert&#233;, la joie et les rires, oui les fous-rires entre nous
(sages-femmes, p&#233;diatres, obst&#233;triciens d'une grosse maternit&#233;
parisienne, nous avions os&#233; venir) ; et nous &#233;tions heureux, &quot;regonfl&#233;s
&#224; bloc&quot;. Puis plus tard pour inaugurer une rue &#224; un gars de l'APPO. ET
Max et son &#233;quipe nous recevaient en grande pompe, nous &#233;tions si
importants pour lui. Je ne croyais pas &#224; tout ce qu'il disait, mais
j'entendais son d&#233;sir de nous entendre, de nous recevoir. Max, max, que de
tendresse &#224; penser &#224; toi. Merci &#224; toi, &#224; tes proches, &#224; ceux qui t'ont
port&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christine Blanchot-Isola&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bonjour,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;J'apprends la mort de Max Ploquin par un mail de Sophie Gamelin. Je suis
triste car Max ploquin faisait partie de ces &#234;tres que l'on croit
&#233;ternels, n'est-ce pas. J'ai &#233;t&#233; d'autant plus surprise que j'ignorais
qu'il avait souffert d'un AVC. Je suis une anonyme qui avait suivi deux
stages avec lui puis j'&#233;tais venu aux Etats G&#233;neraux de la Naissance
qu'il avait largement organis&#233;s et le courant &#233;tait bien pass&#233; avec Max.
Pourtant je n'ai pas d'enfants !
Nous perdons un ami et un rep&#232;re mais pour sa m&#233;moire ne soyons pas trop
tristes, il n'aurait pas aim&#233; cela.
Adieu Maxou et condol&#233;ances &#224; tous ses proches.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nathalie de Bordeaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article68</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article68</guid>
		<dc:date>2012-04-02T05:36:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dominique Memmi, directrice de recherches en sciences sociales et politiques au CNRS, nous parle du sujet de son livre, &#224; para&#238;tre au printemps 2011.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-seconde-vie-des-bebes-morts&amp;#39;&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-nouvelle-representation-du&amp;#39;&gt;Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-loi-de-1993&amp;#39;&gt;La loi de 1993&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-enquetes-existantes&amp;#39;&gt; Les enqu&#234;tes existantes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&amp;#39;&gt;La th&#233;orie freudienne sur le deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-figure-du-foetus&amp;#39;&gt;La figure du f&#339;tus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-inquietude&amp;#39;&gt;Une &#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt; C'est &#224; partir de 1996, date du premier livre des membres du Comit&#233; National d'&#201;thique, que j'ai commenc&#233; &#224; m'int&#233;resser au statut du corps dans nos soci&#233;t&#233;s. Quels sont les usages que l'on fait du corps, du point de vue des objets sociaux ? De mani&#232;re plus &#233;pist&#233;mologique, cela a-t-il du sens aujourd'hui, pour des chercheurs en sciences sociales ? Est-ce int&#233;ressant de focaliser le regard du chercheur sur la dimension mat&#233;rielle corporelle ? Cela nous apprend-il des choses sur le monde social ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai donc commis ce travail, qui proc&#233;dait d'une forme d'auto-analyse : je suis d'une g&#233;n&#233;ration qui a travaill&#233; avec Foucault, Bourdieu, j'ai &#233;t&#233; immerg&#233;e par des grands auteurs qui prenaient le corps &#8211; on ne le dit jamais assez &#8211; comme un des lieux d'analyse privil&#233;gi&#233;s et voie d'acc&#232;s du monde social, et mon id&#233;e &#233;tait d'essayer de comprendre &#224; quel moment les diff&#233;rentes disciplines de sciences sociales s'&#233;taient int&#233;ress&#233;es au corps comme objet d'analyse, et plus pr&#233;cis&#233;ment comme instrument de lecture du monde social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a demand&#233; &#224; un anthropologue, un sociologue, un historien, etc., de nous faire une petite histoire des corps : corps et histoire, corps et sociologie, corps et anthropologie, etc. Et on a demand&#233; &#224; un sp&#233;cialiste de Fran&#231;oise H&#233;ritier, &#224; un sp&#233;cialiste de Foucault, de nous expliquer pourquoi ces auteurs s'int&#233;ressent &#224; la mat&#233;rialit&#233; corporelle au point, pour Fran&#231;oise H&#233;ritier, de faire de la diff&#233;rence des sexes le locus de fabrication de la pens&#233;e humaine. On a r&#233;serv&#233; cette recherche &#224; l'espace intellectuel fran&#231;ais, car les Fran&#231;ais refusent de franchir certains pas et ne vont pas vers la sociobiologie &#224; l'am&#233;ricaine o&#249; le corps est v&#233;ritablement une d&#233;termination de ph&#233;nom&#232;nes sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agissait de savoir &#224; quelle p&#233;riode ces mouvements se sont enclench&#233;s : il y a les ann&#233;es 70 qui id&#233;ologiquement sont tr&#232;s connot&#233;es, et les ann&#233;es 1990, assez connot&#233;es aussi id&#233;ologiquement. Quel est le statut &#233;pist&#233;mologique qu'occupe le corps dans ces diff&#233;rentes &#339;uvres ou disciplines : est-ce que le corps est une cause, est-ce un lieu o&#249; lire le monde social, est-ce un instrument de reproduction des m&#233;canismes sociaux ? Chez Foucault, c'est l'instrument de reproduction du pouvoir, et chez Bourdieu, l'instrument de reproduction de la domination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, je vais vous parler de deux ouvrages, dont l'un para&#238;tra au printemps 2011 et s'intitulera &lt;i&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/i&gt;, avec pour sous-titre probable &lt;i&gt;Un volontarisme professionnel au secours des identit&#233;s&lt;/i&gt;. Je vous parlerai aussi d'un livre qui sera le prolongement de celui-ci et dont le titre sera &lt;i&gt;La revanche du biologique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-seconde-vie-des-bebes-morts&quot;&gt;&lt;/a&gt; La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le premier est une monographie qui part d'une t&#234;te d'&#233;pingle parsem&#233;e par quelques &#233;v&#233;nements : le 2 ao&#251;t 2005, c'est l'&quot;affaire Saint-Vincent-de-Paul&quot;. On signale la pr&#233;sence de 353 f&#339;tus et enfants mort-n&#233;s dans la chambre mortuaire de l'h&#244;pital Saint-Vincent-de-Paul. L'h&#244;pital, en une semaine, re&#231;oit pas moins de 522 appels de parents affol&#233;s. Une visite s'effectue au pas de charge dans les locaux. On convoque &#224; Paris les principaux chefs de service qui &#233;taient partis en vacances, et la m&#234;me visite s'effectue dans les autres h&#244;pitaux pour voir si des scandales du m&#234;me genre sont susceptibles d'appara&#238;tre. Une enqu&#234;te administrative est confi&#233;e &#224; l'Inspection G&#233;n&#233;rale des Affaires Sociales, et le Comit&#233; National d'&#201;thique est saisi, ainsi que le Parquet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre &#233;v&#233;nement donne un indice de ce qui m'int&#233;resse : le 6 f&#233;vrier 2008, contre 43 d&#233;cisions pr&#233;c&#233;dentes prises successivement en premi&#232;re instance et en Cour d'Appel, une d&#233;cision de la Cour de Cassation a pour effet de d&#233;cr&#233;ter que &#171; tout enfant n&#233; sans vie, quel que soit son niveau de d&#233;veloppement, peut b&#233;n&#233;ficier d&#233;sormais, si les parents le souhaitent, de l'acc&#232;s &#224; un pr&#233;nom, d'une mention en tant que &quot;mort&quot; sur un livret de famille et d'obs&#232;ques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, ces &#233;v&#233;nements qui ont d&#233;fray&#233; la chronique, qui ont l'un et l'autre fait l'objet des premi&#232;res pages des journaux, ne sont pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Entre le milieu des ann&#233;es 1980 et le milieu des ann&#233;es 1990, dans les h&#244;pitaux fran&#231;ais &#8211; et ailleurs aussi &#8211; la mort du f&#339;tus ou du nourrisson a vu l'accueil qui lui est r&#233;serv&#233; changer radicalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'usage &#233;tait jusque-l&#224; d'emporter l'enfant mort d&#232;s l'accouchement, de mettre les femmes sous s&#233;datifs, de les inciter &#224; oublier au plus vite et &#224; programmer un autre enfant. L'accouchement de cet enfant-l&#224; se faisait d'ailleurs dans un relatif retrait. A l'h&#244;pital Necker par exemple, les interruptions m&#233;dicales de grossesse (IMG) se pratiquaient syst&#233;matiquement dans les salles aveugles de l'h&#244;pital. On fuyait cette chambre o&#249; la mort avait eu raison des efforts de la m&#233;decine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais en l'espace d'une d&#233;cennie, tout a chang&#233; : rapprochement physique de ces m&#232;res-l&#224; avec les autres m&#232;res, entretien syst&#233;matique avec les parents endeuill&#233;s, moindre s&#233;dation,... autant d'&#233;volutions qui accompagnent la plus surprenante selon moi, &#224; savoir la proposition faite syst&#233;matiquement aux parents de regarder l'enfant mort. C'est donc une transformation du regard sur le cadavre. Cette mutation des pratiques m'int&#233;ressait particuli&#232;rement parce que je n'avais pas l'habitude de voir un changement aussi radical en si peu de temps. Pour vous donner un ordre d'id&#233;e, en 1984, j'ai vu appara&#238;tre le premier article francophone qui servira de justification constante &#224; ces nouvelles pratiques, et en 1993, elles seront d&#233;finitivement un &quot;statu quo&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, la mutation historique m'int&#233;ressait dans la mesure o&#249; elle est internationale. En 1999, en Grande-Bretagne, il y a eu &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me affaire que l'affaire Saint-Vincent-de-Paul. C'est la m&#234;me col&#232;re des parents qui apprennent que des tissus et organes ont &#233;t&#233; pr&#233;lev&#233;s sur leurs enfants sans qu'ils en soient inform&#233;s, et a fortiori consentants. D'autre part, on peut dire que dans la plupart des grands h&#244;pitaux, du moins dans les grandes villes, des nouvelles pratiques sont en cours qui vont inciter &#224; regarder l'enfant mort.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Une-nouvelle-representation-du&quot;&gt;&lt;/a&gt; Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#234;te d'&#233;pingle renvoie &#224; une nouvelle repr&#233;sentation, a minima, du deuil, notamment du deuil d'enfant. Il y a deux changements massifs : le premier, c'est qu'on doit &quot;faire son deuil&quot;, et d'autre part, comme disait Bourdieu dans un de ses chapitres intitul&#233; &#171; La connaissance par corps &#187;, on doit &quot;faire son deuil par corps &quot;. C'est une conception &#224; la fois volontariste et mat&#233;rialiste du deuil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &#233;volution est relativement singuli&#232;re, et pour vous le d&#233;montrer, je vais m'enfoncer d'abord vers les mauvaises explications de cette r&#233;volution des pratiques autour des enfants morts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'abord, il faut dater le changement et voir qu'il est identifiable d'une fa&#231;on assez pr&#233;cise dans le temps. C'est d'abord, en 1984, le premier article important d'un obst&#233;tricien belge, Pierre Rousseau, suivi en 1988 par un deuxi&#232;me article du m&#234;me auteur, qui est une v&#233;ritable mine bibliographique des travaux de l'&#233;poque. En 1989, &#224; l'initiative de Nicole Milliez, f&#339;topathologiste, et aussi de Maryse Dumoulin, m&#233;decin de sant&#233; publique, un atelier consacr&#233; au deuil p&#233;rinatal est cr&#233;&#233; au sein des 19&#232;mes Journ&#233;es de la Soci&#233;t&#233; de M&#233;decine P&#233;rinatale. En 1989, un inventaire des mort-n&#233;s et des d&#233;c&#232;s n&#233;onatals est command&#233; &#224; plusieurs r&#233;gions et d&#233;partements. En 1992, Maryse Dumoulin publie son premier article, et en 1994, son D.E.A. De 1984 &#224; 1994, en dix ans, des paroles et des &#233;crits sur cette question-l&#224; se pr&#233;cipitent et, bien entendu, tout va se cristalliser dans la loi de 1993.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-loi-de-1993&quot;&gt;&lt;/a&gt; La loi de 1993 &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette loi de 1993 dit deux choses : d'une part, elle s'int&#233;resse aux enfants d&#233;c&#233;d&#233;s avant la d&#233;claration de naissance, et elle d&#233;cr&#232;te que ces enfants seront trait&#233;s par le droit de la m&#234;me mani&#232;re que l'homme adulte qui vit longuement. On va donc leur faire un acte de naissance, puis un acte de d&#233;c&#232;s. Il y aura homologation du b&#233;b&#233; avec l'adulte, ce qui est int&#233;ressant symboliquement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, le l&#233;gislateur a voulu tenir compte des dol&#233;ances des couples confront&#233;s &#224; l'interruption de grossesse, et il s'est int&#233;ress&#233; &#224; l'enfant en gestation dont la vie a &#233;t&#233; interrompue in utero. Comme malheureusement, cet enfant-l&#224; ne na&#238;t pas &#224; proprement parler et qu'on ne peut lui faire un acte de naissance suivi d'un acte de d&#233;c&#232;s, le couple se voit reconna&#238;tre le droit de demander l'&#233;tablissement d'un acte &quot;d'enfant sans vie&quot;, qui est inscrit sur les registres de d&#233;c&#232;s, sans &#234;tre pour autant un acte d'&#233;tat-civil. C'est important, car on sait &#224; quel point le droit peut r&#233;sister &#224; des &#233;volutions sociales terriblement pressantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc un changement datable et assez radical. Pourtant, il n'y a pas de demande sociale &#224; proprement parler qui explique ce changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette absence de demande sociale, c'est ce que les sages-femmes m'ont tout d'abord montr&#233;. Elles me disaient qu'auparavant, il n'y avait que des &quot;histoires&quot; : comme, par exemple, vers 1975/76, &#171; cette femme qui demande &#224; (me) voir quatre mois apr&#232;s l'accouchement pour voir les restes du b&#233;b&#233; &#187;, ou encore au sujet d'une femme c&#233;libataire qui n'avait rien, aucun enfant, &#171; je d&#233;cide de lui parler du b&#233;b&#233; &#187;. Un autre cas : &#171; Je me dis : pourquoi ne pas les montrer, les enfants morts ? &#187; Les sages-femmes me racontent ainsi que les services bruissaient d'histoires, de r&#233;actions parfois tr&#232;s tardives, en apr&#232;s-coup, et parfois assez violentes, de la part des parents. Mais il ne s'agit pas de revendications &#224; proprement parler, pas de demande sociale port&#233;e par un groupe, aucune syst&#233;maticit&#233;. Selon Marc Dupont, adjoint au Directeur des Affaires Juridiques et des Droits des Patients, dans les lettres de r&#233;clamation envoy&#233;es aux h&#244;pitaux, on ne trouve pas trace de revendications sur cette question-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les six associations de parents que j'ai trouv&#233;es visant la d&#233;fense de ces nouvelles pratiques &#233;taient toutes, &#224; une exception pr&#232;s, post&#233;rieures aux changements observ&#233;s dans les services eux-m&#234;mes. La seule exception concerne l'association &#171; Na&#238;tre et Vivre &#187;. En fait, cette association se consacrait &#224; ses d&#233;buts &#224; un probl&#232;me tr&#232;s sp&#233;cifique, qui &#233;tait la mort subite du nourrisson. Le d&#233;calage de &#171; Na&#238;tre et Vivre &#187; est donc li&#233; &#224; une autre affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, peu de demandes spontan&#233;es venaient des parents, m&#234;me pendant la p&#233;riode d'installation de ces pratiques, et d'apr&#232;s les soignants, &#171; Il y avait beaucoup de crispations, de refus, quand on leur faisait la proposition de voir l'enfant. Si on disait : Madame, vous voulez regarder votre b&#233;b&#233; ?, on nous regardait avec des yeux ! &#199;a leur paraissait monstrueux, ils &#233;taient sid&#233;r&#233;s &#187;. Une autre sage-femme me dit : &#171; Pour les parents, c'&#233;tait tr&#232;s violent, la proposition de voir, ils la prenaient comme une baffe. &#187; &#171; Je me suis dit qu'il fallait parler de ce que disaient les p&#233;dopsy : il fallait absolument anticiper, leur en parler avant l'accouchement, apr&#232;s rien n'est choquant, on n'a pas besoin de parlementer avant d'entrer dans une chambre. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, derni&#232;re preuve de cette absence de demande sociale, le nombre de ceux qui acceptent de regarder l'enfant, malgr&#233; une proposition souvent r&#233;it&#233;r&#233;e dans le processus de l'IMG, reste tr&#232;s in&#233;gal. Le taux d'acceptation &#233;volue relativement dans le temps. Par exemple, &#224; l'Institut de Pu&#233;riculture &#224; Paris, il est pass&#233; de 41 % dans la p&#233;riode octobre 1996/f&#233;vrier 1998, &#224; 65 % entre f&#233;vrier 2005 et f&#233;vrier 2006, alors qu'&#224; la m&#234;me p&#233;riode, en 1997, le taux est d&#233;j&#224; consid&#233;rable &#224; Lille, o&#249; il est de 85 % .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons des enqu&#234;tes su&#233;doises : la premi&#232;re r&#233;action de 8 femmes sur 12 &#233;tait qu'elles ne voulaient pas voir l'enfant du tout, mais sous l'insistance (with the pressure) de l'&#233;quipe, elles finissaient par accepter. Aucune femme n'a regrett&#233; de voir l'enfant. Les parents, dans les enqu&#234;tes, parlent de persuasion : &#171; Nous ne voulions pas y aller et voir le b&#233;b&#233; apr&#232;s ; mais ils nous ont &#171; persuaded &#187;. &#171; Nous nous sommes laiss&#233;s persuader, c'&#233;tait une bonne mani&#232;re de nous aider. &#187; Autre exemple : &#171; La plupart des p&#232;res &#233;taient tr&#232;s r&#233;ticents &#224; tenir leur enfant dans les bras, mais ils le firent sous l'encouragement des sages-femmes ou de la famille. &#187; &#171; Les parents ont &#233;t&#233; encourag&#233;s &#224; visiter, toucher, nourrir et changer leur b&#233;b&#233; pendant la derni&#232;re p&#233;riode de sa vie. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, ce qui est tr&#232;s int&#233;ressant, c'est le caract&#232;re finalement absolument &quot; ind&#233;cidable &quot; des fondements scientifiques sur lesquels s'appuyait ce changement radical et rapide de pratiques. De nouveaux savoirs scientifiques sur le deuil psychique &#233;taient apparus, et c'&#233;tait donc simplement la cristallisation, dans les pratiques m&#233;dicales, d'un nouveau savoir scientifique. J'ai recherch&#233; toutes les enqu&#234;tes existant sur le sol num&#233;rique fran&#231;ais qui me permettaient de travailler sur le &#171; voir &#187; et le &#171; toucher &#187;. Elles sont nombreuses sur le deuil p&#233;rinatal, mais je me suis restreinte &#224; celles qui portaient exclusivement sur ces points-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Les-enquetes-existantes&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les enqu&#234;tes existantes &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis arriv&#233;e &#224; 27 enqu&#234;tes portant sur des pays aussi diff&#233;rents que la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, le Canada, le Qu&#233;bec, la Belgique, la Su&#232;de, la Norv&#232;ge, l'Australie et les &#201;tats-Unis. Il me manque, de mani&#232;re tr&#232;s &#233;tonnante, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, les pays catholiques du sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tais assez contente de mes 27 enqu&#234;tes car, par comparaison, le seul inventaire bibliographique r&#233;cent et syst&#233;matique utilisant de v&#233;ritables crit&#232;res de s&#233;lection sur ces questions de deuil p&#233;rinatal, aboutit, pour les seuls &#201;tats-Unis, &#224; 60 enqu&#234;tes sur 40 ans, de 1966 &#224; 2006, dont la moiti&#233; seulement portant sur des m&#233;canismes visant &#224; faire voir ou toucher l'enfant. Une partie de ces enqu&#234;tes n'est pas accessible sur le sol fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on analyse les enqu&#234;tes, on s'aper&#231;oit que la moiti&#233;, 13 sur 27, se sont av&#233;r&#233;es porter vraiment sur le psychisme de l'&quot;incarnation&quot;, sur les &quot;effets&quot; de ce &quot;faire voir et faire toucher&quot; l'enfant sur le deuil. Les autres enqu&#234;tes se contentaient de quantifier le recours des parents &#224; ces pratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans pr&#232;s de la moiti&#233; de ces 13 enqu&#234;tes, la corr&#233;lation entre le faire &quot;voir et toucher&quot; et le niveau de deuil ne se v&#233;rifie pas. Dans trois autres, elle est &#224; peu pr&#232;s inverse, c'est-&#224;-dire que j'ai une minorit&#233; d'enqu&#234;tes allant dans le sens de l'affirmation habituelle. Dans celles o&#249; le sens est inverse &#8211; deux enqu&#234;tes sur ces trois &#8211;, on nous disait que l'effet sur le deuil &#233;tait d'autant plus inabouti que l'incarnation avait &#233;t&#233; compl&#232;te. Quand on propose de voir mais aussi de toucher, c'est trop pour une enqu&#234;te ; il aurait fallu faire l'un mais pas l'autre. Et dans une autre enqu&#234;te, c'est le contraire, c'est-&#224;-dire quand les femmes se sont content&#233;es de voir l'enfant sans le toucher, l&#224;, l'effet sur le deuil serait sensible. Dans un autre cas, la relation est tr&#232;s difficile &#224; interpr&#233;ter. 41 % des femmes qui sont dirig&#233;es vers le psychiatre apr&#232;s une mort p&#233;rinatale se trouvaient n'avoir ni vu ni touch&#233; l'enfant. Est-ce pour cette raison qu'elles sont psychiquement malades ? L'auteur ne conclut pas v&#233;ritablement, mais &#233;tablit en tout cas cette relation. On peut dire que le fait que 59 % de ces femmes dirig&#233;es vers le psychiatre avaient vu leur enfant, rend le probl&#232;me plus compliqu&#233;. La majorit&#233; des femmes qui allaient vers le psychiatre avaient voulu voir et toucher l'enfant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces enqu&#234;tes sont souvent quasi qualitatives. Mais cependant, une grande enqu&#234;te a &#233;t&#233; faite en Su&#232;de en 1996, portant sur 380 femmes, compar&#233;e &#224; une population t&#233;moin de 379 femmes. Cette &#233;tude critique les travaux ant&#233;rieurs sur l'absence de mode standardis&#233; d'&#233;tablissement des r&#233;sultats, leur faible pr&#233;cision du fait de l'&#233;troitesse des &#233;chantillons, et elle fait appara&#238;tre que le degr&#233; d'anxi&#233;t&#233; et de d&#233;pression des femmes variait surtout avec le fait d'avoir attendu plus de 24 heures pour accoucher. Il variait aussi avec le fait de ne disposer de tr&#232;s peu, ou pas du tout, d'objet pouvant rappeler l'enfant, et en troisi&#232;me rang, de ne pas avoir vu l'enfant aussi longtemps que les femmes le d&#233;siraient. Ce n'est pas tout &#224; fait pareil que le fait de voir ou de ne pas voir. Elle variait un peu en fonction du fait d'avoir vu ou pas l'enfant, et pas du tout du fait de l'avoir touch&#233; ou pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il sortait compl&#232;tement de mes comp&#233;tences de juger les modes d'&#233;valuation, d'ailleurs tr&#232;s variables, de l'&#233;volution positive ou n&#233;gative du deuil. On peut imaginer la difficult&#233; de l'&#233;valuation psychique d'un affect. Je n'ai pas essay&#233; non plus de v&#233;rifier l'exactitude des calculs et la fiabilit&#233; des crit&#232;res pour dire que le deuil est positif ou non. Et je n'ai pas essay&#233; non plus &#8211; m&#234;me si c'&#233;tait tr&#232;s tentant &#8211; de rapprocher les effets du voir et du toucher du poids d'autres facteurs r&#233;currents et &#233;voqu&#233;s dans beaucoup d'enqu&#234;tes, par exemple le fait que le mari ou les proches, comme la m&#232;re, aient &#233;t&#233; pr&#233;sents dans le processus, ou le mode d'entourage de la femme par l'&#233;quipe soignante. Je ne me suis pas autoris&#233;e &#224; faire des comparaisons statistiques. Je voulais simplement montrer le caract&#232;re relativement ind&#233;cidable de l'argumentaire scientifique qui pouvait &#234;tre all&#233;gu&#233; dans certains cas &#224; l'appui de cette r&#233;volution des pratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'autre part, j'ai travaill&#233; les enqu&#234;tes. Je me suis aper&#231;ue assez vite que les auteurs &#233;taient suffisamment honn&#234;tes pour parfois dire le caract&#232;re tr&#232;s ind&#233;cidable des chiffres, mais que dans le commentaire, il y avait ce que Bourdieu appelle &#171; l'opposition entre la censure &#187; et ce qu'il appelait &#171; l'int&#233;r&#234;t expressif &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce genre de d&#233;calage entre la censure et l'int&#233;r&#234;t expressif est tr&#232;s fr&#233;quent dans les enqu&#234;tes. Les seules enqu&#234;tes o&#249; il n'apparaisse pas sont des synth&#232;ses bibliographiques. L'une a &#233;t&#233; faite relativement tardivement par la revue &lt;i&gt;Prescrire&lt;/i&gt; et disait, en 2003 : &#171; L'&#233;valuation du retentissement &#224; moyen ou long terme de ce contact avec l'enfant sur l'&#233;volution de deuil est g&#234;n&#233;e par la faiblesse des donn&#233;es disponibles. &#187; &#171; Tous ces r&#233;sultats sont de faible niveau de preuve, les corr&#233;lations observ&#233;es ne d&#233;montrent pas de relation de cause &#224; effet. &#187; On nous dit &#224; la fin, et c'est la seule mani&#232;re dont l'&#233;quipe a r&#233;ussi &#224; s'en sortir : &#171; Parce qu'aucune donn&#233;e publi&#233;e ne r&#233;v&#232;le d'effet ravageur des contacts parentaux avec leur enfant mort, mais qu'il existe de la litt&#233;rature pour soutenir leurs effets b&#233;n&#233;fiques, les m&#233;decins devraient donc sugg&#233;rer de voir et de tenir le b&#233;b&#233;. &#187; M&#234;me dans une synth&#232;se bibliographique, il y a cet effet d'imposition de l'argumentaire . Cette id&#233;e que &quot;si cela ne fait pas de bien, cela ne fait pas de mal&quot;, je l'ai retrouv&#233;e dans une autre enqu&#234;te en 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me qu'il n'y a pas de fondement scientifique absolument formidable &#224; l'appui de ces nouvelles pratiques, je me suis demand&#233; s'il n'y avait pas eu une relecture argument&#233;e et savante de la th&#233;orie freudienne classique sur le deuil.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&quot;&gt;&lt;/a&gt; La th&#233;orie freudienne sur le deuil &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand vous relisez l'article princeps de 1916 de Freud, comme je l'ai fait, mais comme l'a surtout fait Magali Molini&#233; dans un tr&#232;s joli livre sur le deuil intitul&#233; &lt;i&gt;Soigner les morts pour gu&#233;rir les vivants&lt;/i&gt;, on arrive &#224; la conclusion qu'on a vu appara&#238;tre aujourd'hui une th&#233;orie qui pose le deuil comme une volont&#233;, un acte d&#233;lib&#233;r&#233;, conscient, de la part de l'endeuill&#233; pour ma&#238;triser et se lib&#233;rer de l'emprise du deuil (Ginette Raimbault). Magali Molini&#233; dit : &#171; Comment expliquer la popularisation du terme &quot;travail de deuil&quot;, et la lecture surmo&#239;que des propositions freudiennes. &#187; C'est le premier point : il n'y a pas dans le texte d'origine ce type de lecture-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point, c'est la &#171; trace &#187;, la n&#233;cessit&#233; de la trace pour faire le deuil, l'id&#233;e qu'il faut repr&#233;senter ou pr&#233;senter la mort pour qu'elle devienne pensable. Il n'y a rien dans le texte de Freud non plus d'&#233;quivalent &#224; cette th&#233;orie qu'on retrouve par exemple chez Michel Hanus dans les ann&#233;es 1976, quand il dit qu'il faut mat&#233;rialiser l'objet perdu, faire pleurer l'endeuill&#233;, f&#251;t-il un enfant : &#171; En lui montrant ce qu'il a perdu, m&#234;me si cela lui para&#238;t cruel, m&#234;me s'il s'en d&#233;fend. Faites pleurer les enfants qui veulent ignorer ce qu'ils souffrent, c'est le plus charitable service &#224; leur rendre. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, dans l'interpr&#233;tation freudienne, il n'y a pas de place pour une reconstruction que j'appelle &#171; m&#233;tonymique &#187;, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e qu'il faut une partie du mort pour penser le mort et sa perte. On sait qu'il n'y a pas chez Freud de mythologie du f&#233;tiche, du rite, de la trace. Freud a demand&#233; &#224; &#234;tre incin&#233;r&#233;, il a insist&#233; pour qu'il n'y ait ni c&#233;r&#233;monie, ni chant pour sa propre mort, il a eu un rapport pour le moins l&#233;ger &#224; l'enterrement de son p&#232;re puisqu'il y est arriv&#233; en retard, en sortant de chez son barbier. On a l&#224; un positivisme freudien abouti face &#224; la mort et au deuil. Et Allouch, lacanien, &#233;videmment se fait plaisir en disant : &#171; L&#224; o&#249; les positivistes jouent le maintien du lien par le biais des signes f&#233;tiches, Freud prescrit la s&#233;paration, signe apr&#232;s signe ; comme le positivisme, la version freudienne du deuil affirme qu'une seconde vie reste possible, et &#224; la diff&#233;rence du positivisme, y acc&#233;der passe chez Freud non par le maintien du rapport f&#233;tiche &#224; l'objet perdu, aux objets de cet objet, mais par la s&#233;paration d'avec tout &#231;a. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une seule trace chez Freud de cette th&#233;orie, c'est la notion d'&#233;preuve de r&#233;alit&#233; pr&#233;sente dans le texte. Mais il ne s'agit pas d'une r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle. C'est une r&#233;alit&#233; psychique. C'est tellement vrai que l'endeuill&#233; qui refuse de faire son deuil est capable de refuser son deuil malgr&#233; la pr&#233;sentation du mort, parce qu'il peut rester dans la fantasmagorie, dans les illusions de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#224;, on a une chose tr&#232;s simple, qui s'est produite dans les ann&#233;es 1970, et s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e dans les ann&#233;es 1990, &#224; savoir une mise &#224; jour de la th&#233;orie freudienne, qui n'est pas uniquement explicable par le fait qu'il fallait enfin prendre en compte les morts d'enfants, et notamment les morts in utero. Ce sont des morts extraordinairement difficiles, dont il est tr&#232;s difficile de faire le deuil puisque ce sont des morts invisibles, qu'on n'a ni vus, ni touch&#233;s, ni parfois sentis d'ailleurs. La th&#233;orie freudienne ne s'int&#233;resse jamais aux morts d'enfants &#8211; les morts d'enfants n'&#233;taient pas pensables au d&#233;but du si&#232;cle &#8211; et on peut penser que la relecture du texte freudien &#233;tait justifi&#233;e par le fait que Freud avait oubli&#233; un type de deuil possible. Comme beaucoup de gens de sa g&#233;n&#233;ration, il n'aura pens&#233; les morts d'enfants qu'en pensant les morts de guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Freud effectivement n'avait pas pens&#233; la mort d'enfant. Or, dans les ann&#233;es 1970, on a une r&#233;actualisation de la pens&#233;e freudienne du deuil, qui ne commence pas particuli&#232;rement par les morts d'enfants. Il y a eu un glissement de la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du deuil, qu'on peut tout &#224; fait dater du milieu des ann&#233;es 1970, quand para&#238;t la &lt;i&gt;Pathologie du deuil &lt;/i&gt; de Michel Hanus, la cr&#233;ation de son association &#171; Vivre son deuil &#187; en 1975 ; la m&#234;me ann&#233;e para&#238;t &lt;i&gt;Humaniser l'h&#244;pital&lt;/i&gt; du Docteur Abiven, qui fondera en 1987 la premi&#232;re unit&#233; de soins palliatifs en France. On a quelques premiers indices. On a aussi Philippe Ari&#232;s, s'aga&#231;ant de la pr&#233;sence de ceux qu'il appelle les psychologues autour de ces questions de deuil et de mort. Michel Vovelle, en 1981, dit son insatisfaction face &#224; la th&#233;orie de naissance, de la mort et du deuil, produite par les psychologues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce n'est que vingt ans plus tard, au milieu des ann&#233;es 1990, quand se mettent en place dans les h&#244;pitaux les nouvelles pratiques, que va se produire un glissement, &#224; la fois intellectuel et institutionnel. En 1994, meurt l'anthropologue Louis Vincent Thomas, qui dirigeait la Soci&#233;t&#233; de Thanatologie. Il laisse la place &#224; Michel Hanus &#224; la direction de la Soci&#233;t&#233; ; et &#224; la vice-pr&#233;sidence, c'est Marie Fr&#233;d&#233;rique Bacqu&#233;, qui est psychologue. Le bulletin de la Soci&#233;t&#233; devient revue, devient &lt;i&gt;&#201;tudes sur la Mort&lt;/i&gt;, et la pr&#233;sence de la th&#233;orie psychologisante de la mort est tr&#232;s importante dans cette revue &#8211; qui est d'ailleurs publi&#233;e par une maison d'&#233;dition de psychanalyse, qui &#233;dite aussi la revue freudienne &lt;i&gt;Topiques&lt;/i&gt;. Il s'est donc produit, dans l'espace intellectuel fran&#231;ais, un glissement du travail de la r&#233;flexion sur la mort, et des sciences sociales, vers la psychologie de la mort.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-figure-du-foetus&quot;&gt;&lt;/a&gt; La figure du f&#339;tus &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, il y a la mise en identit&#233; de deux figures sociales : la premi&#232;re, c'est &#233;videmment celle du f&#339;tus avec l'apparition des premi&#232;res &#233;chographies f&#339;tales, avec les photos de Lennart Nilsson et leur succ&#232;s. Il y a aussi la remont&#233;e de la p&#233;dopsychiatrie dans les ann&#233;es 1970, avec les &#233;l&#232;ves de Lebovici, vers l'ant&#233;natal, l'emballement de cette p&#233;dopsychiatrie ant&#233;natale dans les ann&#233;es 1990. Donc, l'identit&#233; du f&#339;tus est constitu&#233;e socialement de plus en plus, je ne parle pas du b&#233;b&#233;, je parle du f&#339;tus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la m&#232;re, ce qui est tr&#232;s net dans les entretiens, que ce soit avec Maryse Dumoulin, avec Nicole Mulliez, etc., que ce soit avec les sages-femmes que j'ai interrog&#233;es ou dans les premi&#232;res r&#233;unions de sages-femmes dont j'ai eu les documents ron&#233;otyp&#233;s, c'est la volont&#233; de ces femmes de faire que ces m&#232;res, comme elles disent, &quot;ont &#233;t&#233; m&#232;res&quot;. C'est une revendication tr&#232;s forte de ces m&#232;res qui ont eu un projet d'enfant d'&#234;tre constitu&#233;es, malgr&#233; l'&#233;chec de leur projet, comme m&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme c'&#233;tait tr&#232;s insistant, j'ai fait un chapitre sur l'identification. L'id&#233;e venait d' un historien am&#233;ricain, Thomas Laqueur, qui pensait qu'elle &#233;tait due fortement &#224; la f&#233;minisation du milieu m&#233;dical, &#224; savoir qu'il y a des ph&#233;nom&#232;nes d'identification sociale entre les soignantes d'un c&#244;t&#233;, qui sont fortement f&#233;minis&#233;es, et les m&#232;res d'un autre c&#244;t&#233;. M&#234;me si cela n'explique pas tout, c'est probablement une explication importante que cette promotion dans les ann&#233;es 1970 &#224; 1990, du for int&#233;rieur f&#233;minin comme &#171; int&#233;ressant &#187; et notamment du for int&#233;rieur f&#233;minin confront&#233; au malheur, pas simplement au bonheur de l'enfantement, mais au malheur de l'enfantement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me suis aper&#231;ue qu'au-del&#224; de cette explication &#8211; la formation d'identit&#233; socialement de plus en plus reconnue &#8211;, on d&#233;couvrait tout de m&#234;me des choses &#233;tonnantes. On avait une volont&#233; de nombreux professionnels d'incarner, de montrer, de photographier, de pr&#233;senter ou repr&#233;senter. On a pris beaucoup de temps pour photographier, dans des corbeilles, des draps, avec des couleurs&#8230; Chez les professionnels du psychisme par exemple : je me suis aper&#231;ue qu'&#224; Saint-Vincent-de-Paul, c'est le psychologue qui a eu l'id&#233;e initiale de faire les photos, et surtout que, autant la consultation avec le psychologue n'est ni obligatoire, ni fr&#233;quente, autant la proposition de la photographie l'est toujours. C'est peut-&#234;tre le psychologue, la sage-femme ou le m&#233;decin, indiff&#233;remment, qui va donner la photo, mais la photo est essentielle et se prom&#232;ne entre les diff&#233;rentes personnalit&#233;s professionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis, je me suis rendue compte que les professionnels du fun&#233;raire, eux aussi, vivaient exactement la m&#234;me &#233;volution, &#224; savoir qu'ils avaient pris des initiatives &#233;tonnantes. Par exemple, il y a la cr&#233;ation des petites urnes, qu'ils ont fabriqu&#233;es eux-m&#234;mes, dans lesquelles on met un m&#233;daillon &#8211; car pour les enfants cr&#233;matis&#233;s, il n'y a pas de cendres et on ne peut rien rendre aux parents. Il s'agit d'un m&#233;daillon en c&#233;ramique qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent sur le corps pendant la cr&#233;mation, sur lequel est inscrit l'initiale du pr&#233;nom de l'enfant et on met ce m&#233;daillon sur un morceau d'ouate. De m&#234;me que les b&#233;b&#233;s dorment dans les paniers des h&#244;pitaux fran&#231;ais, les m&#233;daillons dorment sur de l'ouate, dans une urne qu'on referme ensuite et qu'on confie aux parents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve donc chez des professionnels diff&#233;rents la m&#234;me obsession d'incarner ce b&#233;b&#233;. La raison de cette &#233;quivalence chez des professionnels qui ne se fr&#233;quentent pas n&#233;cessairement, qui ne se donnent pas forc&#233;ment le mot de mani&#232;re directe, est qu'on se trouve face &#224; quelque chose qui d&#233;passe telle &#233;quipe ou telle profession.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Une-inquietude&quot;&gt;&lt;/a&gt; Une &#171; inqui&#233;tude &#187; &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En interrogeant un professionnel du fun&#233;raire et les gens qui travaillent autour de lui, ainsi que les sages-femmes et les m&#233;decins, je me suis aper&#231;ue que tous partageaient ce que je vais appeler dans le prochain livre une &#171; inqui&#233;tude &#187;. Je pense que c'est le meilleur terme. Cette inqui&#233;tude, je l'ai entendue formul&#233;e dans mon s&#233;minaire par ce professionnel du fun&#233;raire, quand il a dit, &#224; la grande col&#232;re d'un des jeunes participants qui avait fait une th&#232;se sur la cr&#233;mation : &#171; Quand m&#234;me, moi &#231;a me g&#234;ne, de disperser ma grand-m&#232;re entre deux troncs d'arbres. &#187; La jeune femme, sp&#233;cialiste de la cr&#233;mation, d'une autre g&#233;n&#233;ration, lui a dit : &#171; Mais &#231;a n'est pas, &#231;a n'est plus votre grand-m&#232;re. &#187; Cette phrase montre que l'inqui&#233;tude, m&#234;me si elle n'est pas dramatis&#233;e, est pr&#233;sente. C'est bien l'id&#233;e que cette grand-m&#232;re va perdre sa forme et sa substance, et son identit&#233; m&#234;me, par la dispersion, non pas des organes et des morceaux, mais de la dispersion de ce qui reste apr&#232;s l'incin&#233;ration. C'est l'inqui&#233;tude de gens qui se trouvent dans une situation historique absolument hors norme, l'inqui&#233;tude de professionnels qui sont charg&#233;s de ce que j'appelle &quot; l'administration des restes &quot;. Car l'h&#244;pital s'occupe et a &#233;norm&#233;ment accru son emprise forc&#233;e sur le d&#233;but de la vie et sur la fin de la vie &#8211; on meurt &#224; l'h&#244;pital aujourd'hui, il faut le savoir. D'autre part, avec l'IMG et l'IVG, bien entendu, apparaissent des restes de choses humaines. Ce sont des professionnels qui sont appel&#233;s &#224; administrer ces restes, &#224; voir, mat&#233;riellement, simplement, ces restes et &#224; voir ce qu'on en fait, comment ils sont achemin&#233;s, etc. On peut comprendre qu'ils soient particuli&#232;rement marqu&#233;s par une inqui&#233;tude qu'ils vivent au quotidien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; mon sens, cette inqui&#233;tude, &#233;prouv&#233;e par les professionnels de mani&#232;re particuli&#232;rement forte et parfois dramatique, est plus g&#233;n&#233;rale, et on aurait affaire &#224; une inqui&#233;tude portant sur les identit&#233;s primaires, c'est &#224; dire des membres de la famille. D'o&#249; mon id&#233;e d'aller voir du c&#244;t&#233; de la mort, d'aller assister &#224; un autre type d'inqui&#233;tude autour de ces personnes dont il faut absolument refortifier les identit&#233;s avec de la mat&#233;rialit&#233; corporelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert de superbes dossiers. Je suis tomb&#233;e sur le dossier de la cr&#233;mation, dont j'ai vu appara&#238;tre la loi, cette loi sur la cr&#233;mation qui fait un effort absolument d&#233;risoire et d&#233;mesur&#233; pour fixer les cendres &#8211; puisque maintenant, si vous voulez incin&#233;rer quelqu'un et disperser les cendres (c'est toujours autoris&#233;), il faut aller d&#233;clarer &#224; la commune de naissance de la m&#232;re et du p&#232;re que vous allez disperser. J'ai vu arriver le dossier sur la transplantation d'organes, avec l'apparition non seulement de films et d'ouvrages, mais &#233;galement de r&#234;veries de professionnels, comme des chercheurs en sciences sociales, sur l'id&#233;e que dans l'organe qu'on d&#233;place ainsi, il y a de la personne, il y a de l'identit&#233;. Et j'ai vu surgir aussi, toujours dans la m&#234;me p&#233;riode, les ann&#233;es 1990, le mythe des disparus, la fa&#231;on dont ils vont &#234;tre pens&#233;s, repens&#233;s, agit&#233;s dans la presse. Il faut utiliser les disparus d'Argentine, les disparus &#233;trangers, parce qu'en France, il n'y en a pas suffisamment, mais une r&#233;flexibilit&#233; journalistique se manifeste sur cette question, avec l'apparition du terme &quot;deuil impossible &quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me suis donc demand&#233; si je n'avais pas int&#233;r&#234;t &#224; aller voir au-del&#224; des morts. N'existe-t-il pas ce type d'inqui&#233;tude sur l'identit&#233; des sujets primaires, peut-&#234;tre autour d'autre chose que la mort ? Je vois publier, au moment o&#249; je travaille, l'ouvrage d'&#201;lisabeth Badinter sur l'allaitement. Au moment o&#249; je commence &#224; me passionner pour le placenta, je vois appara&#238;tre l'exhibition du placenta, non pas simplement pour le personnel soignant qui doit v&#233;rifier tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment son &#233;tat, mais la proposition qui est faite &#224; la m&#232;re, dans certains h&#244;pitaux, de regarder ce placenta, premi&#232;re maison du b&#233;b&#233;. Je vois appara&#238;tre la proposition faite aux p&#232;res de couper le cordon ombilical, je vois appara&#238;tre le th&#232;me de l'acc&#232;s aux origines des enfants n&#233;s sous X, des enfants adopt&#233;s, et je vois appara&#238;tre &#233;galement le retour absolument extraordinaire de l'int&#233;r&#234;t pour la g&#233;n&#233;alogie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon livre prochain sur la &quot;revanche du biologique&quot; est bien s&#251;r un livre sur le volontarisme professionnel, au sens o&#249; les professionnels &#8211; parce qu'ils sont en situation d'administrer des corps qui se trouvent &#224; l'&#233;tat de restes et qui leur retombent litt&#233;ralement sur les bras &#8211; se trouvent porteurs d'une inqui&#233;tude sociale sp&#233;cifique qui serait particuli&#232;rement forte &#224; partir des ann&#233;es 1990, sur la n&#233;cessit&#233; de fortifier les identit&#233;s primaires de p&#232;res, de m&#232;res, d'enfants, d'endeuill&#233;s et de proches des endeuill&#233;s, mais aussi d'hommes et de femmes, donc de fortifier ces identit&#233;s en s'aidant, en s'appuyant sur la chair, c'est-&#224;-dire la mat&#233;rialit&#233; corporelle. Au fond, ma propre &#233;volution intellectuelle est aussi le produit de cela, je ne suis que quelqu'un ayant senti, &#224; un moment donn&#233;, que quelque chose devenait int&#233;ressant pour le chercheur en sciences sociales : c'est la mat&#233;rialit&#233; corporelle pour penser les individus sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11 d&#233;cembre 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interview de Paul Cesbron</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article67</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article67</guid>
		<dc:date>2012-03-14T12:28:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>Accouchement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;http://www.fakirpresse.info/Vis-ma-... Une belle interview de Paul Cesbron, secr&#233;taire de la Soci&#233;t&#233; d'histoire de la naissance.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Liens&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;Accouchement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-seconde-vie-des-bebes-morts&amp;#39;&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-nouvelle-representation-du&amp;#39;&gt;Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-loi-de-1993&amp;#39;&gt;La loi de 1993&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-enquetes-existantes&amp;#39;&gt; Les enqu&#234;tes existantes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&amp;#39;&gt;La th&#233;orie freudienne sur le deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-figure-du-foetus&amp;#39;&gt;La figure du f&#339;tus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-inquietude&amp;#39;&gt;Une &#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fakirpresse.info/Vis-ma-vie-de-paturiente-partie-2.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.fakirpresse.info/Vis-ma-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une belle interview de Paul Cesbron, secr&#233;taire de la Soci&#233;t&#233; d'histoire de la naissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;former la maternit&#233; : un projet colonial. Gold Coast, des ann&#233;es 1920 aux ann&#233;es 1950 </title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article66</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article66</guid>
		<dc:date>2012-03-07T15:55:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>Sages-femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Accouchement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Anne Hugon travaille &#224; l'Universit&#233; Paris I Panth&#233;on-Sorbonne, au Centre d'&#201;tudes des Mondes Africains. Elle est l'auteure de L'Afrique des Explorateurs, tomes 1 et 2 (D&#233;couvertes Gallimard, Paris, 1991 et 1994). Elle a &#233;galement coordonn&#233; Histoire des femmes en situation coloniale. Afrique et Asie 20&#232;me si&#232;cle (Karthala, Paris, 2004). En photo ci-dessus, le Dr Cecily Williams.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Sages-femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;Accouchement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L100xH150/arton66-5f661.jpg&quot; width='100' height='150' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-seconde-vie-des-bebes-morts&amp;#39;&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-nouvelle-representation-du&amp;#39;&gt;Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-loi-de-1993&amp;#39;&gt;La loi de 1993&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-enquetes-existantes&amp;#39;&gt; Les enqu&#234;tes existantes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&amp;#39;&gt;La th&#233;orie freudienne sur le deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-figure-du-foetus&amp;#39;&gt;La figure du f&#339;tus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-inquietude&amp;#39;&gt;Une &#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-colonisation-des-corps&amp;#39;&gt;La &quot;colonisation des corps&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Que-nous-apprend-l-etude-de-la&amp;#39;&gt;Que nous apprend l&amp;#39;&#233;tude de la maternit&#233; sur le syst&#232;me colonial ? &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-colonie-modele&amp;#39;&gt;Une &quot;colonie mod&#232;le&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Medicalisation-de-la-maternite&amp;#39;&gt;M&#233;dicalisation de la maternit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-femmes-accusees&amp;#39;&gt;Les femmes accus&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-succes-de-la-maternite-d-Accra&amp;#39;&gt;Le succ&#232;s de la maternit&#233; d&amp;#39;Accra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Formation-de-sages-femmes&amp;#39;&gt;Formation de sages-femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-mode-d-accouchement&amp;#39;&gt;Le mode d&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-centres-de-PMI&amp;#39;&gt;Les centres de PMI&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#De-bonnes-meres&amp;#39;&gt;De &quot;bonnes m&#232;res&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;Mon intervention d'aujourd'hui concerne un pays sur lequel je travaille depuis longtemps d&#233;j&#224;, qui est l'actuel Ghana, autrefois appel&#233; Gold Coast ou C&#244;te de l'Or.
Mon cadre chronologique englobe les ann&#233;es 1920 jusqu'&#224; l'Ind&#233;pendance, le Ghana &#233;tant le premier pays africain &#224; avoir recouvr&#233; son ind&#233;pendance en 1957.
Mes sources sont vari&#233;es, mais comportent un tr&#232;s important corpus &#233;manant de l'ex-Minist&#232;re de la Sant&#233;, que l'on appelait le D&#233;partement M&#233;dical &#224; l'&#233;poque coloniale. L'essentiel de mes informations viennent de ce D&#233;partement M&#233;dical, et int&#232;grent des correspondances entre les m&#233;decins, des rapports et diff&#233;rents documents de l'administration m&#233;dicale. J'ai compl&#233;t&#233; ces recherches par la lecture de journaux de l'&#233;poque, des journaux en langue anglaise existant depuis la fin du 19&#232;me si&#232;cle. J'ai en outre fait des rep&#233;rages dans les archives en Grande-Bretagne, &#224; la Croix Rouge britannique par exemple, car elle a jou&#233; un r&#244;le dans la r&#233;forme de la maternit&#233;. J'ai &#233;galement consult&#233; un certain nombre de correspondances priv&#233;es qui ont &#233;t&#233; donn&#233;es &#224; un Institut d'Oxford appel&#233; Rhodes House. D'autre part, j'ai interrog&#233; une trentaine de sages-femmes ghan&#233;ennes retrait&#233;es sur leur pass&#233;, leur vocation, leur m&#233;tier, leur vie, ainsi que des m&#232;res ghan&#233;ennes, pour recueillir des informations sur leur exp&#233;rience par rapport &#224; la maternit&#233; &#224; l'&#233;poque coloniale. Toutes &#233;taient des femmes assez &#226;g&#233;es, et pour certaines, tr&#232;s &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-colonisation-des-corps&quot;&gt;&lt;/a&gt; La &quot;colonisation des corps&quot; &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La colonisation en g&#233;n&#233;ral est toujours consid&#233;r&#233;e comme une &#233;poque de grands changements - voire de bouleversements - sur tous les plans, politique, &#233;conomique, socio-culturel... Depuis une dizaine d'ann&#233;es environ, beaucoup de recherches ont port&#233;, surtout en langue anglaise, sur ce qu'on appelle la &#171; colonisation des corps &#187;, la colonisation de l'intime, c'est-&#224;-dire sur les r&#233;percussions &#224; un niveau tr&#232;s personnel de la domination coloniale. Comment la domination coloniale, qui est un cadre politique et &#233;conomique, touche-t-elle les gens dans leur intimit&#233; ? L'ordre colonial avait-il la capacit&#233; de s'infiltrer jusqu'au tr&#233;fonds des &#234;tres, jusque dans leur int&#233;gralit&#233; corporelle ? M&#234;me si l'historiographie ne s'est pas massivement saisie de la question de la maternit&#233; comme institution, il existe un certain nombre d'ouvrages d&#233;j&#224; parus, par exemple un livre sur les femmes ashanti - l'un des peuples ghan&#233;ens - &#224; l'&#233;poque coloniale. Il existe &#233;galement un ouvrage sur la maternit&#233; au Kenya, un autre sur le Congo belge ; et mes propres recherches sur le Ghana, depuis une douzaine d'ann&#233;es, montrent que la r&#233;forme de la maternit&#233; a &#233;t&#233; importante, sinon majeure. Manifestement, les autorit&#233;s se sont beaucoup interrog&#233;es sur cette &#171; r&#233;forme de la maternit&#233; &#187;.
La r&#233;forme de la maternit&#233;, telle que je la con&#231;ois, comprend deux volets : le souci des autorit&#233;s m&#233;dicales de m&#233;dicaliser la grossesse, l'accouchement et le soin aux nourrissons. Mais ce volet physiologique s'adosse &#224; un projet plus g&#233;n&#233;ral qui est une r&#233;forme sociale du r&#244;le de m&#232;re ou &#171; comment former de bonnes m&#232;res &#187;. Les deux volets sont &#233;videmment interd&#233;pendants &#224; beaucoup de niveaux.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Que-nous-apprend-l-etude-de-la&quot;&gt;&lt;/a&gt; Que nous apprend l'&#233;tude de la maternit&#233; sur le syst&#232;me colonial ? &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je proc&#232;derai en deux parties, puis je conclurai sur une sorte de bilan. La premi&#232;re partie se r&#233;f&#232;re &#224; la m&#233;dicalisation de la grossesse, de l'accouchement et du soin aux nourrissons et la deuxi&#232;me partie &#224; la r&#233;forme de la maternit&#233; sociale, qu'on peut aussi appeler &#171; la fabrique des m&#232;res &#187;. En conclusion, peut-on dire que ce projet colonial a abouti ? En 1957, lorsque le pouvoir est transf&#233;r&#233; aux &#233;lites ghan&#233;ennes qui vont gouverner le pays, les Britanniques ont-ils form&#233;, ou non, des m&#232;res d'un type nouveau ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Ghana se situe en Afrique &#233;quatoriale, &#224; l'Ouest du Togo et &#224; l'Est de la C&#244;te d'Ivoire, le Burkina Faso le d&#233;limitant au Nord. C'est un pays relativement petit, dont la superficie couvre environ la moiti&#233; de la France. Sa population est estim&#233;e au d&#233;but de la p&#233;riode coloniale, juste apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale, &#224; 4 millions d'habitants, puis &#224; 6 millions &#224; l'&#233;poque de l'Ind&#233;pendance, et &#224; un peu plus de 20 millions aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Une-colonie-modele&quot;&gt;&lt;/a&gt; Une &quot;colonie mod&#232;le&quot; &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana est une colonie consid&#233;r&#233;e par les Britanniques comme une grande r&#233;ussite, une &#171; colonie mod&#232;le &#187;. Apr&#232;s les p&#233;riodes classiques de r&#233;sistance militaire &#224; la domination coloniale, le pays est &#171; pacifi&#233; &#187;. Il y a peu de troubles arm&#233;s, peu de r&#233;voltes et elles sont assez rapidement liquid&#233;es. La colonie conna&#238;t dans l'entre-deux-guerres un tr&#232;s grand d&#233;veloppement &#233;conomique, essentiellement fond&#233; sur le cacao. La Gold Coast devient le premier pays du monde producteur de cacao. Les plantations sont en g&#233;n&#233;ral aux mains des Ghan&#233;ens eux-m&#234;mes et non dans celles de planteurs &#233;trangers. Ce sont souvent de petites plantations familiales faisant entrer un tr&#232;s grand nombre de gens dans une &#233;conomie mon&#233;taire. Le cacao est vendu &#224; de grosses multinationales, notamment &#224; Cadbury, qui devient d'ailleurs un acteur de la maternit&#233; puisque Cadbury forme et salarie un personnel qui va de maison en maison pour &#171; apprendre &#187; aux femmes &#224; s'occuper de leurs enfants. Outre le cacao, il y a les mines d'or, en particulier dans l'arri&#232;re-pays, l'Ashanti, cette r&#233;gion centrale &#233;tant une riche r&#233;gion aurif&#232;re.
La colonie conna&#238;t &#233;galement un fort d&#233;veloppement urbain, surtout dans le Sud, avec de nombreuses migrations du Nord au Sud, y compris des migrations de populations venant de colonies fran&#231;aises, comme la Haute-Volta, qui passent les fronti&#232;res pour travailler dans les plantations de cacao. Cependant, les deux plus grosses villes, Accra sur la c&#244;te et Kumasi &#224; l'int&#233;rieur, sont relativement petites, avec un tissu urbain peu dense. Sur les photographies de ces grandes villes en 1957, malgr&#233; une forte densit&#233; de population dans certains quartiers, le tissu urbain est malgr&#233; tout tr&#232;s l&#226;che.
Les ann&#233;es 20 sont consid&#233;r&#233;es comme un &#171; &#226;ge d'or &#187; de la colonisation au Ghana, notamment gr&#226;ce &#224; l'action d'un gouverneur, Frederick Gordon Guggisberg, qui est consid&#233;r&#233;, y compris par les historiens ghan&#233;ens aujourd'hui, comme un gouverneur &#171; &#233;clair&#233; &#187;. Frederick Gordon Guggisberg a accept&#233; de dialoguer sans arr&#234;t avec des membres de l'&#233;lite ghan&#233;enne - dont je reparlerai souvent car c'&#233;tait une petite tranche de la population extr&#234;mement influente, compos&#233;e de gens dipl&#244;m&#233;s, avocats, m&#233;decins, journalistes, hommes de lettres, souvent form&#233;s en Grande-Bretagne et dont la volont&#233; &#233;tait de prendre les r&#234;nes du pays. Ils &#233;taient anticolonialistes, en ceci qu'ils se jugeaient parfaitement aptes &#224; se passer des colonisateurs et &#224; diriger eux-m&#234;mes le pays. Parall&#232;lement, il existait une sorte de compromis entre les cadres de la colonisation et cette &#233;lite ghan&#233;enne, puisqu'ils ont &#233;t&#233; en partie int&#233;gr&#233;s, avec notamment des juges et des m&#233;decins africains. Ils faisaient partie du jeu colonial, tout en le critiquant.
Guggisberg a d'abord fait ouvrir un lyc&#233;e, Achimota, qui formait des &#233;l&#232;ves jusqu'&#224; l'&#233;quivalent du baccalaur&#233;at, pour qu'ils puissent ensuite faire des &#233;tudes universitaires en Grande-Bretagne ou en Sierra Leone, colonie qui disposait d'un coll&#232;ge de niveau universitaire. Achimota est aujourd'hui encore la plus prestigieuse &#233;cole du Ghana. Il a &#233;galement fait construire le premier h&#244;pital g&#233;n&#233;ral africain, Korle Bu. Ensuite, il a lanc&#233; le projet d'une maternit&#233;, mais arrivant en fin de mandat, il n'a pu l'inaugurer lui-m&#234;me. L'h&#244;pital de Korle Bu a ouvert en 1923, l'&#233;cole d'Achimota en 1925 et la maternit&#233; d'Accra, situ&#233;e sur le m&#234;me terrain que l'h&#244;pital mais qui administrativement est un &#233;tablissement s&#233;par&#233;, en 1928. C'est le seul &#233;tablissement de toute la colonie sp&#233;cifiquement destin&#233; au suivi de grossesses et aux accouchements, jusqu'en 1949, &#233;poque &#224; laquelle ouvre &#224; Kumasi un second &#233;tablissement de ce type.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Medicalisation-de-la-maternite&quot;&gt;&lt;/a&gt; M&#233;dicalisation de la maternit&#233; &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re maternit&#233; ouvre donc en 1928, mais c'est en m&#234;me temps une &#233;cole de sages-femmes, un &#233;tablissement d'enseignement. Toutefois, les premiers projets de m&#233;dicalisation de la maternit&#233; &#233;taient bien ant&#233;rieurs, remontant &#224; 1915.
En 1915, un certain Frederick Nanka-Bruce, l'un des premiers m&#233;decins form&#233;s dans les ann&#233;es 1890 &#224; Edimbourg, m&#233;decin ghan&#233;en d'une grande famille de l'&#233;lite traditionnelle d'Accra, &#233;crit au gouverneur en indiquant que les femmes et les enfants meurent en beaucoup trop grand nombre et qu'il faut intervenir. En 1915, on est en pleine guerre, le Togo voisin est allemand, la guerre est donc &#224; la fronti&#232;re Est de la Gold Coast. Dans son courrier, Nanka-Bruce pr&#233;tend que les Allemands, de l'autre cot&#233; de la fronti&#232;re, font beaucoup mieux que les Britanniques, quoi qu'on dise de la barbarie allemande. Et il affirme &#8211; ce qui d'ailleurs est d&#233;menti par les autorit&#233;s &#8211; que les Allemands ont mis en place un programme de formation des accoucheuses traditionnelles et ont ainsi consid&#233;rablement r&#233;duit les taux de mortalit&#233; maternelle et infantile &#224; la suite de cette formation modeste. Il est exact qu'en Gold Coast, les taux de mortalit&#233; maternelle et infantile sont &#233;normes. Le taux de mortalit&#233; infantile est de 400/1000 en 1920 (40 %). Certes, cette estimation est tr&#232;s peu fiable, comme les m&#233;decins eux-m&#234;mes le reconnaissent, mais ils sont convaincus que ce taux est tr&#232;s important. Ils n'ont pas vraiment les moyens de le v&#233;rifier, dans la mesure o&#249; l'&#233;tat-civil ne fonctionne pas correctement. Si un b&#233;b&#233; n'est pas enregistr&#233; &#224; sa naissance, son d&#233;c&#232;s ne le sera pas n&#233;cessairement. &#192; titre de comparaison, vers 1925, le taux de mortalit&#233; infantile au Royaume-Uni est de 77/1000. De nos jours, l'&#233;cart entre les chiffres de l'actuelle Grande-Bretagne et de l'actuel Ghana est &#233;galement consid&#233;rable, ce n'est pas loin de 100 fois plus pour la mortalit&#233; infantile au Ghana, un taux classique pour un pays africain.
Le taux de mortalit&#233; maternelle est quant &#224; lui estim&#233; &#224; 30/1000 en 1917. L&#224; encore, le chiffre n'est pas s&#251;r. &#192; la demande du docteur Nanka-Bruce, le gouverneur d&#233;cide de mettre sur pied, en 1917, une Commission d'Enqu&#234;te charg&#233;e d'&#233;tudier les causes de la mortalit&#233; infantile. &#192; cette &#233;poque, on se pr&#233;occupe peu de la mortalit&#233; maternelle. La Commission d'Enqu&#234;te travaille entre 1917 et 1919. C'est une Commission mixte, au sens o&#249; elle regroupe des Europ&#233;ens et des Africains et pr&#233;cis&#233;ment des membres de l'&#233;lite, notamment le fameux docteur Nanka-Bruce, &#233;paul&#233; par Mrs Hutton-Mills. Il faut souligner que les ann&#233;es 20, au Ghana, ont ceci de particulier qu'il existait une r&#233;elle interaction entre l'&#233;lite ghan&#233;enne et les autorit&#233;s coloniales. Il y avait bien entendu du racisme, mais manifestement, les relations &#233;taient, sinon cordiales, du moins proches entre l'&#233;lite ghan&#233;enne et les autorit&#233;s coloniales. C'est aussi une commission mixte au sens o&#249; l'on y trouve quelques femmes (comme Mrs Hutton-Mills, d&#233;j&#224; cit&#233;e), et plusieurs hommes : un autre m&#233;decin africain, quelques administrateurs, le directeur des Services de l'Hygi&#232;ne ainsi que des m&#233;decins europ&#233;ens. Tous ces membres enqu&#234;tent pendant plusieurs mois et se r&#233;unissent r&#233;guli&#232;rement pour mettre en commun les r&#233;sultats de leurs recherches. Ils interviewent des sages-femmes traditionnelles et des m&#233;decins exer&#231;ant dans diff&#233;rentes parties du pays, y compris dans des soci&#233;t&#233;s missionnaires. Ce rapport de plus de 100 pages est tr&#232;s nuanc&#233; et riche d'informations. Ainsi, le Service de l'Hygi&#232;ne publie un rapport qui explique que &#171; la mortalit&#233; infantile est infiniment plus importante dans le quartier le plus dens&#233;ment peupl&#233; et le moins bien drain&#233; de la capitale &#187;. Des conditions &#233;conomiques et sociales expliqueraient donc en partie le taux de mortalit&#233;. Mais la hi&#233;rarchie du D&#233;partement M&#233;dical synth&#233;tise ce rapport, et ce de telle sorte qu'elle se d&#233;barrasse de tout ce qui est trop nuanc&#233;. Non seulement elle le synth&#233;tise, mais elle le simplifie &#224; l'extr&#234;me. Par exemple, pour de nombreux m&#233;decins, la malaria est sans doute un tr&#232;s fort facteur de mortalit&#233; infantile. Mais ce constat est &#233;cart&#233;, car il impliquerait que les autorit&#233;s luttent contre la malaria. Finalement, les autorit&#233;s m&#233;dicales elles-m&#234;mes, qui ont analys&#233; ce gros rapport de cent pages et qui l'ont synth&#233;tis&#233; &#224; plusieurs niveaux, vont conclure que les responsables de la mortalit&#233; infantile sont les femmes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Les-femmes-accusees&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les femmes accus&#233;es &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un point tr&#232;s important, car c'est cette conclusion qui va donner son orientation &#224; la politique de r&#233;forme de la maternit&#233;. Au lieu de d&#233;congestionner les quartiers les plus dens&#233;ment peupl&#233;s d'Accra, de faire en sorte que l'assainissement y soit plus efficace, ou de d&#233;velopper la pr&#233;vention de la malaria, on accuse les femmes d'&#234;tre responsables de la mortalit&#233; infantile. Le projet consistera donc &#224; former les femmes et, en particulier, &#224; former des m&#232;res puisqu'il y aurait un fort taux de mort-n&#233;s et de morts dans les sept premiers jours.
&#192; vrai dire, on ne d&#233;nonce pas en bloc toutes les femmes, mais certaines femmes en particulier. La synth&#232;se du rapport dit certes que les femmes qui viennent de mettre leur enfant au monde ne savent pas s'y prendre. Mais les pires seraient les accoucheuses traditionnelles. &#171; Bon nombre de maladies contract&#233;es par les femmes de la Gold Coast sont imputables aux m&#233;thodes d&#233;go&#251;tantes et parfois violentes des sages-femmes indig&#232;nes &#187; (1928). Parmi les pratiques consid&#233;r&#233;es comme vraiment n&#233;fastes, relevons : s'asseoir sur le ventre d'une femme en cas de travail prolong&#233;, appuyer dessus avec une planche, masser le ventre &#224; partir du 7&#232;me mois, mauvaise section du cordon ombilical&#8230; Est &#233;galement incrimin&#233;e l'utilisation de certaines plantes, de d&#233;coctions, qu'on introduit dans le vagin quand le travail se prolonge trop, dans l'id&#233;e qu'elles vont permettre l'expulsion. Il est vrai que la maternit&#233; d'Accra, pendant des ann&#233;es, voit arriver des femmes dans des situations d&#233;sesp&#233;r&#233;es et dans des &#233;tats d'infection graves.
L'un des buts du comit&#233; d'enqu&#234;te &#233;tait de d&#233;couvrir s'il y avait des pratiques, religieuses entre autres, qui pouvaient &#234;tre mises en cause dans ce taux de mortalit&#233;. Tout le monde a d&#233;menti ce point. Certains gestes ne devaient pas &#234;tre les bons, effectivement, mais on ne trouve pas de rites particuliers entra&#238;nant la mort du nouveau-n&#233;. Cette mortalit&#233; infantile pr&#233;occupe &#233;norm&#233;ment les autorit&#233;s m&#233;dicales dans la mesure o&#249; elle ob&#232;re le d&#233;veloppement d&#233;mographique de la colonie. Or, &#224; cette &#233;poque, une colonie prosp&#232;re est une colonie peupl&#233;e, un pays prosp&#232;re est un pays peupl&#233;. Il faut par cons&#233;quent subvenir au bon d&#233;veloppement d&#233;mographique et faire en sorte que les enfants qui naissent vivent, et que les femmes qui mettent au monde des enfants y survivent &#233;galement.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Le-succes-de-la-maternite-d-Accra&quot;&gt;&lt;/a&gt; Le succ&#232;s de la maternit&#233; d'Accra &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La maternit&#233; d'Accra, ouverte en 1928, est un &#233;tablissement con&#231;u &#224; l'origine sur une &#233;chelle assez modeste, car tout le monde &#233;tait convaincu qu'elle n'aurait pas de succ&#232;s. Mais au bout de deux mois, elle s'av&#232;re d&#233;j&#224; trop petite et toute l'histoire de la maternit&#233; &#224; travers les archives est l'histoire d'un &#233;tablissement dont on dit constamment qu'il est bond&#233;, qu'il est arriv&#233; &#224; saturation, qu'il faut l'agrandir&#8230; Ceci d&#232;s le d&#233;part. C'est la preuve que les autorit&#233;s n'avaient pas bien pris la mesure de l'entr&#233;e dans la modernit&#233; de la population d'Accra. Pour les autorit&#233;s coloniales, l'h&#244;pital aurait &#233;t&#233; r&#233;pulsif parce qu'il repr&#233;sentait un monde &#233;tranger, hostile&#8230; Au contraire, la maternit&#233; a eu un immense succ&#232;s tr&#232;s rapidement.
Au d&#233;part, les autorit&#233;s supposent que cette maternit&#233; d'Accra accueillera surtout des femmes dans un &#233;tat d&#233;sesp&#233;r&#233;. Mais en r&#233;alit&#233;, de nombreuses femmes de la ville d'Accra vont y accoucher parce qu'elles en ont entendu parler, pr&#233;cis&#233;ment par les femmes de l'&#233;lite, qui fondent une Association visant &#224; populariser les &#233;tablissements m&#233;dicaux ou param&#233;dicaux aupr&#232;s des femmes des quartiers populaires. L'inauguration de la maternit&#233; d'Accra est la pierre angulaire de la politique de m&#233;dicalisation de la maternit&#233;. Mais ce n'est pas le seul &#233;tablissement qui ouvre dans ces ann&#233;es-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Formation-de-sages-femmes&quot;&gt;&lt;/a&gt; Formation de sages-femmes &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, cet &#233;tablissement forme des sages-femmes. Une fois dipl&#244;m&#233;es, elles sont invit&#233;es &#224; ouvrir leur propre maison d'accouchement, o&#249; l'on ne peut pratiquer que des accouchements et du suivi de grossesse et de couches. Un certain nombre de cliniques de ce genre s'implantent dans le pays durant les ann&#233;es 30, les premi&#232;res &#233;tant toutes &#224; Accra, o&#249; 6 ou 7 ouvrent &#224; cette &#233;poque. Puis d'autres sont inaugur&#233;es dans les plus grandes villes du Sud. Les sages-femmes pratiquent en lib&#233;ral et touchent au d&#233;but une petite subvention du gouvernement, mais assez rapidement, leur activit&#233; devient suffisamment lucrative pour que le gouvernement cesse de les subventionner. Peu &#224; peu, le pays se couvre de ces &#233;tablissements, particuli&#232;rement en milieu urbain. En milieu rural, il faut attendre au moins les ann&#233;es 40, et plus souvent les ann&#233;es 50, pour que des sages-femmes ouvrent des &#233;tablissements de ce genre. Ceux-ci sont un peu diff&#233;rents, les sages-femmes ne sont pas vraiment en lib&#233;ral : elles sont en fait salari&#233;es par des &#171; autorit&#233;s indig&#232;nes &#187; (comme on dit &#224; l'&#233;poque coloniale), en d'autres termes des autorit&#233;s municipales qui salarient les sages-femmes avec l'aide et la subvention du gouvernement.
Ces sages-femmes viennent presque toutes de familles de l'&#233;lite, et en particulier de l'&#233;lite christianis&#233;e, qui repr&#233;sente &#224; cette &#233;poque une petite minorit&#233; de la population. Issues de grandes familles, elles ont renouvel&#233; l'&#233;lite. Elles furent, avec les enseignants, les premi&#232;res femmes dipl&#244;m&#233;es de la Gold Coast. Elles jouent r&#233;ellement un r&#244;le tr&#232;s important dans le pays, y compris un r&#244;le politique. Par exemple, depuis l'Ind&#233;pendance, il y a eu deux premi&#232;res dames du Ghana qui &#233;taient des sages-femmes, dont Mrs Busia, l'une des mes informatrices.
La dur&#233;e des &#233;tudes de sage-femme varie entre le d&#233;but et la fin de la p&#233;riode, passant de deux &#224; trois ans. En r&#233;alit&#233;, la formation s'&#233;chelonne plus pr&#233;cis&#233;ment sur six semestres. On passe un examen &#224; chaque fin de semestre, que l'on redouble en en cas d'&#233;chec.
Dans les huit premi&#232;res ann&#233;es de la Maternit&#233;, les jeunes filles quittent leur famille le matin, vont suivre leurs cours et faire un peu de pratique &#224; la maternit&#233;, puis rentrent chez elles le soir. Les autorit&#233;s s'aper&#231;oivent qu'avec ce syst&#232;me, seules les jeunes filles originaires de la ville d'Accra peuvent &#234;tre form&#233;es, alors que leur but est d'avoir des sages-femmes dans tout le pays. Un internat est donc ouvert en 1936. La plupart des sages-femmes que j'ai interview&#233;es sont pass&#233;es par cet internat, qui les a &#233;norm&#233;ment marqu&#233;es. Elles parlent beaucoup de la discipline extr&#234;mement stricte qui y r&#233;gnait, la comparant &#224; une caserne. Elles disposaient d'une demi-journ&#233;e de libert&#233; par semaine, le dimanche apr&#232;s-midi, avec retour impos&#233; &#224; 18 heures, et le m&#233;decin qui dirigeait la maternit&#233; dans les ann&#233;es 40 faisait les cent pas devant la porte pour v&#233;rifier qu'aucune n'arrivait avec une minute de retard ! Un autre de leurs soucis &#233;tait d'encadrer la sexualit&#233; de ces jeunes femmes, puisqu'en cas de grossesse, forc&#233;ment intempestive, elles &#233;taient exclues de l'&#233;cole, ce qui fut le cas pour un certain nombre d'entre elles. Celles qui avaient d&#233;j&#224; eu des enfants les confiaient &#224; leur famille le temps de leurs &#233;tudes.
Ces ann&#233;es d'internat ont jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s important dans la sociabilit&#233; des sages-femmes. Aujourd'hui, elles n'en parlent pas seulement comme d'un lieu de stricte discipline, mais comme d'un lieu de camaraderie, de formation d'un esprit de corps. Celles qui sont pass&#233;es par l'internat d'Accra ont, par la suite et en particulier dans les ann&#233;es 50 et 60, r&#233;guli&#232;rement recr&#233;&#233; des occasions de se retrouver entre elles.
Certaines deviennent fonctionnaires, sages-femmes hospitali&#232;res, mut&#233;es au hasard des besoins du D&#233;partement M&#233;dical, avec tout ce que cela comporte d'inconfort pour la vie familiale &#233;ventuelle. D'autres, plus nombreuses, ont opt&#233; pour une pratique en lib&#233;ral et ouvrent leur petite clinique. L&#224;, il s'agit d'un personnel para-m&#233;dical qui reste sous la surveillance constante du D&#233;partement M&#233;dical. On leur envoie des inspecteurs ou inspectrices, &#224; l'improviste, pour v&#233;rifier si elles ont bien leur mat&#233;riel, s'il est propre, si elles ont des parturientes &#224; ce moment-l&#224;&#8230; Elles sont habilit&#233;es &#224; prescrire tr&#232;s peu de m&#233;dicaments, du fer et des vitamines &#224; peu pr&#232;s exclusivement. Au tout d&#233;but, elles n'ont m&#234;me pas le droit de faire d'injections. Plus tard, leur formation &#233;voluera.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Le-mode-d-accouchement&quot;&gt;&lt;/a&gt; Le mode d'accouchement &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'h&#244;pital, ou en clinique, ou chez soi, le mode d'accouchement n'est pas le m&#234;me. L'accouchement &#171; traditionnel &#187; est un accouchement en position accroupie. &#192; domicile, on accouche accroupie, assist&#233;e en g&#233;n&#233;ral de femmes, mais si le travail se prolonge trop, si des complications apparaissent, on peut avoir recours &#224; un ou une herboriste, qui conna&#238;t des rem&#232;des, des d&#233;coctions&#8230; Le personnel n'est donc pas toujours exclusivement f&#233;minin. Accoucher en clinique ou &#224; l'h&#244;pital, en revanche, pr&#233;sente des nouveaut&#233;s : certes, le personnel est surtout f&#233;minin (avec &#233;ventuellement un m&#233;decin de sexe masculin) mais on accouche allong&#233;e, sur un lit en fer sur&#233;lev&#233;, recouvert d'une b&#226;che en plastique, entour&#233; d'un certain nombre d'instruments (ciseaux, thermom&#232;tre, tensiom&#232;tre, m&#232;tre &#224; ruban, pince ombilicale) qui ne sont pas du tout des objets du quotidien de l'accouchement lorsqu'on accouche chez soi. Ceci explique aussi que ces sages-femmes soient souvent assimil&#233;es &#224; des m&#233;decins (la &#171; Madame Docteur &#187;), puisqu'elles portent un uniforme et sont entour&#233;es d'objets qui renvoient au monde m&#233;dical.
En 1957, au moment o&#249; l'Ind&#233;pendance intervient, seules 700 sages-femmes ont &#233;t&#233; form&#233;es depuis 1928. Mais ces 700 femmes ont malgr&#233; tout jou&#233; un r&#244;le essentiel puisqu'un certain nombre d'entre elles se sont install&#233;es dans des endroits consid&#233;r&#233;s comme les plus recul&#233;s du pays. De plus, elles sont de v&#233;ritables &#171; missionnaires de l'hygi&#232;ne &#187;, des missionnaires des nouveaux gestes qu'on doit apprendre aux femmes pour s'occuper de leurs enfants. Elles expliquent &#224; leurs patientes comment soigner le cordon, comment nourrir le nourrisson, comment s'occuper du b&#233;b&#233; et comment, un peu plus tard, nourrir l'enfant. La mission de ces sages-femmes est double, m&#233;dicale mais &#233;galement &#233;ducative.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Les-centres-de-PMI&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les centres de PMI &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#244;le s'adosse aussi &#224; une autre structure : les centres de PMI. &#192; partir de la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 20, toutes les villes un peu importantes du sud se dotent de Centres de Protection Maternelle et Infantile, financ&#233;s et g&#233;r&#233;s par la branche sanitaire du D&#233;partement M&#233;dical.
&#192; l'origine, ce sont des centres pr&#233;ventifs. Dans l'id&#233;e des autorit&#233;s coloniales, les m&#232;res doivent y amener leurs enfants en bonne sant&#233; pour qu'on v&#233;rifie leur &#233;tat et qu'on fasse en sorte qu'ils restent en bonne sant&#233;. Les enfants sont pes&#233;s, mesur&#233;s, enregistr&#233;s. Ils ont une petite carte. Cependant, nombre de ces femmes ne viennent pas de la ville elle-m&#234;me mais des villages alentour, et amener un b&#233;b&#233; en bonne sant&#233; pour s'entendre dire qu'il est en bonne sant&#233; ne pr&#233;sente pas un int&#233;r&#234;t particulier &#224; leurs yeux. D'autant qu'il faut payer le transport&#8230; Aussi, tr&#232;s rapidement, ces centres de PMI se transforment en h&#244;pitaux p&#233;diatriques o&#249; les femmes am&#232;nent leurs enfants malades. Les autorit&#233;s sont absolument d&#233;sarm&#233;es devant ce &#171; d&#233;tournement &#187; des centres, car &#233;videmment, cette m&#233;decine est gratuite, mais co&#251;te &#233;galement plus cher. C'est un r&#233;el probl&#232;me pour le D&#233;partement M&#233;dical &#224; la fin des ann&#233;es 20. Les consultations vont devenir payantes. Le co&#251;t n'est pas r&#233;dhibitoire, et les femmes ne sont pas d&#233;courag&#233;es par cette modeste somme, puisqu'elles continuent &#224; y amener leurs enfants malades. Finalement, en 1931, la colonie est extr&#234;mement touch&#233;e par la r&#233;cession. Les ann&#233;es 20 avaient &#233;t&#233; des ann&#233;es prosp&#232;res, mais en 1931, avec la grande d&#233;pression qui a d&#233;but&#233; en 1929 aux &#201;tats-Unis et qui a gagn&#233; tr&#232;s rapidement le reste du monde, c'est la catastrophe. Le budget de la colonie chute drastiquement, les exportations de cacao ne se font plus, le prix du cacao a consid&#233;rablement chut&#233;. Les autorit&#233;s m&#233;dicales d&#233;cident de fermer les centres de PMI, supposant que les m&#232;res iront &#224; l'h&#244;pital si leurs enfants sont malades. Mais cela ne se passe pas aussi bien qu'ils l'avaient imagin&#233;.
En effet, il y a de bonnes raisons pour lesquelles les femmes n'am&#232;nent pas leurs enfants malades &#224; l'h&#244;pital. C'est d'abord parce que tous les h&#244;pitaux sont pleins et que ce sont des endroits o&#249; l'on oblige g&#233;n&#233;ralement les gens &#224; se faire hospitaliser, alors que dans les centres de PMI, compte tenu de l'absence de lits pour garder les enfants, ils repartent avec un traitement et les m&#232;res peuvent au moins rester avec eux. Et enfin parce que dans les h&#244;pitaux, elles sont beaucoup moins bien re&#231;ues que dans ces centres de PMI. On peut aussi rappeler que les centres de PMI &#233;taient tous confi&#233;s exclusivement &#224; des femmes m&#233;decins (toutes des Europ&#233;ennes), ce qui pourrait expliquer en partie leur popularit&#233; aupr&#232;s des Africaines.
Par contre, les conditions de travail des femmes m&#233;decins dans les centres de PMI, comme d'ailleurs celles des sages-femmes et infirmi&#232;res p&#233;diatriques qui y exercent, sont tr&#232;s dures, tr&#232;s &#233;prouvantes. Certaines sources indiquent qu'une centaine d'enfants par jour viennent en consultation. Ainsi, la femme qui travaille au centre de PMI de Koforidua en 1930 voit au moins 100 enfants dans la journ&#233;e. Elle a une infirmi&#232;re &#224; c&#244;t&#233; d'elle, mais celle-ci fait plut&#244;t du secr&#233;tariat. Toutes les femmes qui ont travaill&#233; en PMI (ou &#224; la maternit&#233; d'Accra) prennent des cong&#233;s pour &#171; &#233;puisement &#187;, comme l'indiquent leurs dossiers administratifs. Il est certain que ces centres de PMI, si l'on prend en compte leur fr&#233;quentation, sont extr&#234;mement populaires. Un second signe de leur popularit&#233; appara&#238;t au moment o&#249; le gouvernement veut les fermer. La population locale se mobilise et envoie des p&#233;titions au gouverneur pour protester contre cette fermeture, et ces p&#233;titions sont sign&#233;es par des gens extr&#234;mement vari&#233;s, certains sachant signer de leur nom, des femmes de l'&#233;lite, des hommes &#233;galement, et d'autres qui ne savent signer que d'une croix. L'un des m&#233;decins de la branche sant&#233; publique, le Dr Selwyn-Clarke, bataille alors pour arriver &#224; sauver ces centres. &#201;tant en d&#233;licatesse avec sa hi&#233;rarchie qui veut les faire fermer, il trouve comme parade de les transf&#233;rer &#224; la Croix Rouge britannique. La Croix Rouge, au lieu de recruter des m&#233;decins qui co&#251;tent cher, emploie soit des m&#233;decins qui acceptent de travailler pour un moindre salaire que dans la fonction publique, soit des infirmi&#232;res, soit des sages-femmes. Et s'il y a des infirmi&#232;res ou des sages-femmes &#224; la t&#234;te de ces &#233;tablissements, ils redeviennent &#233;videmment pr&#233;ventifs - puisqu'elles n'ont pas le droit de prescrire des m&#233;dicaments. Ainsi pendant un temps, dans les ann&#233;es 30, du fait qu'ils sont g&#233;r&#233;s par la Croix Rouge, ces &#233;tablissements renouent avec leur fonction pr&#233;ventive initiale. Cela n'a qu'un temps ; assez rapidement, on r&#233;emploie des m&#233;decins et le m&#234;me cycle se r&#233;enclenche.
Une femme, le docteur Cicely Williams, a travaill&#233; dans ces centres de PMI, et elle fut la premi&#232;re &#224; d&#233;crire le &#171; kwashiorkor &#187;. C'est un mot de la langue ga - la langue d'Accra - qui signifie en quelque sorte la &#171; maladie de l'enfant d&#233;chu &#187;. C'est une maladie qui touche l'avant-dernier enfant, celui qui n'a plus acc&#232;s au sein de sa m&#232;re parce qu'un autre vient de le remplacer, et dont le r&#233;gime alimentaire n'est pas suffisamment riche pour compenser cette perte. Elle a d&#233;crit le &#171; kwashiorkor &#187;, elle a mis au point un certain nombre de traitements, elle a &#233;t&#233; en d&#233;saccord avec beaucoup de ses coll&#232;gues nutritionnistes en milieu tropical dans les ann&#233;es 30, qui estimaient que ce n'&#233;tait pas du tout une maladie particuli&#232;re mais une forme de pellagre. Elle a beaucoup d&#233;battu, par journal m&#233;dical interpos&#233;, avec d'autres m&#233;decins. Or, il se trouve Cicely Williams avait raison, c'&#233;tait une maladie sp&#233;cifique et encore jamais identifi&#233;e. Elle a &#233;t&#233; en poste au Ghana de 1929 &#224; 1936. Pendant un certain temps, elle a dirig&#233; un autre &#233;tablissement, l'h&#244;pital p&#233;diatrique d'Accra, ouvert en 1927 et appel&#233; l'h&#244;pital Princess Marie Louise en raison de son financement par un don g&#233;n&#233;reux d'une princesse royale.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;De-bonnes-meres&quot;&gt;&lt;/a&gt; De &quot;bonnes m&#232;res&quot; &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le volet m&#233;dical a &#233;t&#233; important dans la r&#233;forme de la maternit&#233;, avec la formation de sages-femmes, l'emploi de m&#233;decins, l'ouverture de centres sp&#233;cialis&#233;s. Mais entre temps, on a aussi d&#233;velopp&#233; toute une propagande pour apprendre aux m&#232;res &#224; &#234;tre de &#171; bonne m&#232;res &#187;. Qu'est-ce qu'une bonne m&#232;re en situation coloniale ? En premier lieu &#8211; c'est un point essentiel dans l'id&#233;e des m&#233;decins &#8211; c'est la m&#232;re biologique, c'est la femme qui met au monde les enfants. Leur premi&#232;re ambition est de rattacher le r&#244;le de m&#232;re &#224; la biologie. Pour les autorit&#233;s, chaque femme doit s'occuper de ses enfants biologiques, ce qui n'est pas forc&#233;ment le cas dans la famille telle qu'elle est con&#231;ue au Ghana. Les unions polygames sont fr&#233;quentes, les enfants circulent, sont confi&#233;s &#224; d'autres&#8230; Telle m&#232;re peut allaiter l'enfant d'une co-&#233;pouse : tout ceci ne convient pas du tout aux autorit&#233;s coloniales. On trouve des t&#233;moignages qui r&#233;sument ce qu'est une bonne m&#232;re. Une bonne m&#232;re est une femme qui &#233;coute les recommandations des m&#233;decins, par exemple sur l'espacement des t&#233;t&#233;es. On dispose d'une citation d'un m&#233;decin qui, en 1921, &#233;crit &#224; un &#233;minent chef traditionnel pour l'informer : &#171; Une de vos femmes est venue me voir. Je lui ai demand&#233; &#224; quel moment elle donnait le sein, elle m'a dit que c'&#233;tait &#224; la demande, d&#232;s que le b&#233;b&#233; pleure. Je lui ai montr&#233; notre affichette jaune qui dit : toutes les trois heures. Et elle s'est mise &#224; rire en disant que cela, c'&#233;tait bon pour les femmes blanches. &#187;. Ce m&#233;decin est tout &#224; fait d&#233;sol&#233; et il s'adresse &#224; cet homme tr&#232;s &#233;clair&#233;, qui a &#233;t&#233; anobli par le roi d'Angleterre, pour lui dire que l'on doit &#233;duquer les femmes, qu'elles doivent se plier aux r&#232;gles. Il existe une autre citation un peu ant&#233;rieure (1920), extraite du discours d'un m&#233;decin, le Docteur O'Brien, qui montre qu'une bonne m&#232;re est aussi une femme qui sait soigner ses enfants : &#171; Une bonne m&#232;re peut gu&#233;rir son enfant en un jour ou deux &#187;&#8230; Il indique les sympt&#244;mes de la malaria et invite les m&#232;res &#224; &#233;tablir elles-m&#234;mes le diagnostic, puis &#224; administrer de la quinine. Or, on ne trouve pas de quinine en dehors des grands centres urbains ! En faisant l'impasse sur ce probl&#232;me, le Dr O'Brien corrobore le pr&#233;jug&#233; selon lequel ce sont les femmes qui sont responsables de la morbidit&#233; et de la mortalit&#233; infantiles. Il ne dit pas un mot du manque de moyens des autorit&#233;s m&#233;dicales pour faire en sorte que la quinine soit accessible dans les villages. Sa conclusion est donc qu'il faut former les femmes. Mais comment ?
Par exemple, en les faisant entrer dans le monde de la maternit&#233; coloniale par le biais des &#171; concours du plus beau b&#233;b&#233; &#187;. Les femmes sont engag&#233;es &#224; pr&#233;senter leur b&#233;b&#233; &#224; cette comp&#233;tition, qu'on appelle le &#171; baby show &#187;. Ces manifestations sont mises &#224; profit pour leur dire que si leur b&#233;b&#233; n'a pas &#233;t&#233; enregistr&#233; &#224; l'&#233;tat-civil, il ne peut pas concourir. On voit bien ici qu'en situation coloniale, l'id&#233;e de contr&#244;le des populations n'est jamais loin. On dispose de nombreux documents sur ces concours du plus beau b&#233;b&#233; (annonces dans les journaux, courriers administratifs, photographies&#8230;). Ce sont r&#233;ellement des occasions de f&#234;te et de sociabilit&#233;. On y distribue des prix, mais aussi des cadeaux &#224; tous les participants : layette, talc, bassines pour baigner les b&#233;b&#233;s, lait en poudre&#8230; (de la firme Nestl&#233;, par exemple). Ainsi, on essaie d'attirer les m&#232;res dans un espace o&#249; la maternit&#233; est valoris&#233;e, certes, mais aussi tr&#232;s encadr&#233;e.
L'autre volet concerne la formation des futures m&#232;res dans les &#233;coles. Sur des photos prises dans le lyc&#233;e d'Achimona, le lyc&#233;e le plus prestigieux de la colonie, on voit des jeunes femmes en train de prendre un cours de cuisine. Or ces jeunes filles repr&#233;sentent l'&#233;lite &#233;duqu&#233;e de la colonie : elles seront toutes dipl&#244;m&#233;es et auront des domestiques. Il y a donc peu de chances qu'elles cuisinent beaucoup elles-m&#234;mes. Mais on leur enseigne &#224; la fois l'aspect pratique (confection de plats) et l'aspect scientifique (qualit&#233; nutritionnelle des plats composant un repas &#233;quilibr&#233;, &#233;conomie domestique, puisqu'elles doivent &#233;valuer le prix du plat pr&#233;par&#233;). On leur enseigne &#233;galement comment tenir une maison (m&#233;nage, lessive, repassage, couture&#8230;). Dans les &#233;coles, les autorit&#233;s m&#233;dicales veulent qu'on construise des sortes de cases mod&#232;les, des petites maisons du type &#171; maisons t&#233;moin &#187;, des maisons &#224; l'africaine, en terre crue : les &#233;coli&#232;res sont cens&#233;es y apprendre par des cours pratiques &#224; tenir un int&#233;rieur &#171; traditionnel &#187;. Voil&#224; ce qu'on apprend aux &#233;l&#232;ves pour devenir de &#171; bonnes m&#232;res &#187;. J'ai interview&#233; une fonctionnaire d'assez haut rang dans les postes et t&#233;l&#233;communications, Madame Donkor, qui disait : &#171; On nous a tout appris &#187;, en d&#233;taillant lessive, cuisine et&#8230; obst&#233;trique. Elle &#233;tait &#233;l&#232;ve dans les ann&#233;es 40, et on leur expliquait comment les enfants se formaient dans l'ut&#233;rus. Mais ces cours d'&#233;ducation sexuelle avant l'heure avaient notamment pour fonction, affirmait-elle, d'&#233;carter les &#233;ventuels boy friends : on retrouve donc l&#224; encore la volont&#233; de contr&#244;le de la sexualit&#233; des &#233;coli&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En forme de conclusion, je dirais que le bilan de cette formation des m&#232;res est extr&#234;mement nuanc&#233;. On ne peut absolument pas dire qu'au moment de l'Ind&#233;pendance, les m&#232;res soient toutes de &#171; nouvelles m&#232;res &#187; comme l'entendaient les autorit&#233;s coloniales. Elles ont tout de m&#234;me gard&#233; une tr&#232;s grande marge de man&#339;uvre par rapport &#224; toute cette organisation, et pas uniquement parce que les autorit&#233;s coloniales n'avaient pas les moyens de leurs ambitions (la domination coloniale, pour tout ce qui concerne la m&#233;decine, se r&#233;sumait &#224; &#171; grandes ambitions, petits moyens &#187; : et bien entendu, le r&#233;sultat n'&#233;tait pas &#224; la hauteur des esp&#233;rances).
Mme Donkor, &#224; qui j'ai demand&#233; si elle avait fr&#233;quent&#233; l'h&#244;pital, m'a dit que c'&#233;tait pour elle un lieu connu, qui n'avait rien d'hostile ; elle adorait y aller et c'&#233;tait tout naturel pour elle d'y aller. En tant que fonctionnaire, elle recevait des soins gratuits &#224; Korle Bu. De plus, comme elle n'appr&#233;ciait gu&#232;re l'id&#233;e de devoir s'occuper du b&#233;b&#233; pendant les trois premiers jours, cela lui convenait tr&#232;s bien d'accoucher dans cet h&#244;pital.
Tout &#224; fait &#224; l'autre bout du spectre des classes sociales, j'ai interview&#233;, par l'interm&#233;diaire de mon assistante de recherches, une femme qui ne parlait pas anglais, qui est vendeuse sur les march&#233;s, qui vit extr&#234;mement modestement et qui a accouch&#233; dans une maison d'accouchement. Selon elle, les femmes subissaient de fortes pressions pour aller &#171; &#224; l'h&#244;pital &#187; (c'est ainsi qu'elle appelait la modeste maison d'accouchement), et les maris incitaient &#233;galement leurs femmes &#224; s'y rendre. Cependant, elle a r&#233;sist&#233; en partie &#224; ces pressions : elle n'y est all&#233;e que pour l'accouchement, mais sans y avoir suivi de consultations pr&#233;natales, car, dit-elle, sa m&#232;re se chargeait tr&#232;s bien du suivi de sa grossesse. Et elle n'a amen&#233; qu'une fois ses enfants &#224; la pes&#233;e hebdomadaire. Cette interview m'a particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;e, parce qu'on voit &#224; la fois tous les efforts qui ont &#233;t&#233; faits, et la grande marge de man&#339;uvre que les femmes gardaient. Elle m'a aussi racont&#233; que son mari lui donnait de l'argent pour qu'elle s'ach&#232;te des m&#233;dicaments pendant sa grossesse, surtout des vitamines. Elle en avait achet&#233; une fois, et par la suite remplissait la bouteille d'eau color&#233;e et faisait semblant de boire les vitamines prescrites, tout en utilisant l'argent que son mari lui donnait pour aller s'acheter ses aliments pr&#233;f&#233;r&#233;s au march&#233;. La &#171; fabrique de la bonne m&#232;re &#187; est donc un succ&#232;s relatif au moment de la d&#233;colonisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10 septembre 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Droit des femmes &#224; disposer de leur corps. Est-ce possible quand on accouche ? </title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article65</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article65</guid>
		<dc:date>2012-02-28T15:23:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>Accouchement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Selina Kyle est fondatrice du GRENN (Groupe Radical des Excit&#233;es de la Naissance Naturelle).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;Accouchement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-seconde-vie-des-bebes-morts&amp;#39;&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-nouvelle-representation-du&amp;#39;&gt;Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-loi-de-1993&amp;#39;&gt;La loi de 1993&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-enquetes-existantes&amp;#39;&gt; Les enqu&#234;tes existantes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&amp;#39;&gt;La th&#233;orie freudienne sur le deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-figure-du-foetus&amp;#39;&gt;La figure du f&#339;tus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-inquietude&amp;#39;&gt;Une &#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-colonisation-des-corps&amp;#39;&gt;La &quot;colonisation des corps&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Que-nous-apprend-l-etude-de-la&amp;#39;&gt;Que nous apprend l&amp;#39;&#233;tude de la maternit&#233; sur le syst&#232;me colonial ? &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-colonie-modele&amp;#39;&gt;Une &quot;colonie mod&#232;le&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Medicalisation-de-la-maternite&amp;#39;&gt;M&#233;dicalisation de la maternit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-femmes-accusees&amp;#39;&gt;Les femmes accus&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-succes-de-la-maternite-d-Accra&amp;#39;&gt;Le succ&#232;s de la maternit&#233; d&amp;#39;Accra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Formation-de-sages-femmes&amp;#39;&gt;Formation de sages-femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-mode-d-accouchement&amp;#39;&gt;Le mode d&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-centres-de-PMI&amp;#39;&gt;Les centres de PMI&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#De-bonnes-meres&amp;#39;&gt;De &quot;bonnes m&#232;res&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-origines-du-GRENN&amp;#39;&gt;Les origines du GRENN&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Mode-de-fonctionnement&amp;#39;&gt;Mode de fonctionnement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Motivations&amp;#39;&gt;Motivations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-lieu-de-l-accouchement&amp;#39;&gt;Le lieu de l&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-culpabilisation-des-femmes&amp;#39;&gt;La culpabilisation des femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-douleur&amp;#39;&gt;La douleur&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Un-combat-feministe&amp;#39;&gt;Un combat f&#233;ministe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Les-origines-du-GRENN&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les origines du GRENN &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le GRENN, cr&#233;&#233; le 1er avril 2008, est constitu&#233; de femmes pour la plupart d'horizons divers, aussi bien culturellement que g&#233;ographiquement. Certaines sont m&#232;res, d'autres pas, d'autres encore n'envisagent m&#234;me pas de le devenir. Nous b&#233;n&#233;ficions aussi de la contribution d'hommes qui, comme nous, ne sont pas tous impliqu&#233;s dans le milieu de la p&#233;rinatalit&#233;, mais qui soutiennent notre combat. On retrouve donc chez les &#171; D&#233;cha&#238;n&#233;es &#187; un m&#233;lange de solidarit&#233;, une &#233;nergie cr&#233;atrice et surtout une expression tr&#232;s libre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Mode-de-fonctionnement&quot;&gt;&lt;/a&gt; Mode de fonctionnement &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous fonctionnons comme un groupe informel et inconstant, donc non constitu&#233; sous forme d'association, et nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s inspir&#233;es par un documentaire qui est pass&#233; sur Canal +, intitul&#233; &quot;Les nouveaux contestataires &quot;, o&#249; il &#233;tait question de groupes comme &quot;G&#233;n&#233;ration Pr&#233;caire &quot;, ou &quot;Jeudi Noir&quot;, des groupes de jeunes qui parlaient de la difficult&#233;, pour un jeune, de trouver un appartement par exemple. Je reprendrai certains de leurs mots. L'un d'eux avait dit qu'il avait envie de &quot; sortir du sch&#233;ma qu'on avait trac&#233; pour lui et de reconstruire de l'id&#233;al &quot;, ce qui nous avait beaucoup touch&#233;es. Il &#233;tait question aussi de joindre l'utile &#224; l'agr&#233;able en int&#233;grant du fun dans la d&#233;marche militante et de se faire voir pour se faire entendre. Nous avions donc un message s&#233;rieux, mais qui surprenait par sa fra&#238;cheur et son c&#244;t&#233; d&#233;cal&#233;, avec des jeunes qui par exemple s'incrustaient dans des manifs en &#233;tant d&#233;guis&#233;s, ou qui faisaient une f&#234;te improvis&#233;e dans un appartement propos&#233; &#224; la location &#224; prix totalement prohibitif&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons de la m&#234;me mani&#232;re chez les &#171; D&#233;cha&#238;n&#233;es &#187; une grande libert&#233; dans l'engagement, chacun apportant son temps, son &#233;nergie et ses id&#233;es, quand il peut et quand il le souhaite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171; D&#233;cha&#238;n&#233;es &#187; se distinguent donc par la mani&#232;re dont elles expriment leur message, osant le coup de gueule, se permettant d'exasp&#233;rer, de d&#233;ranger, voire m&#234;me de d&#233;plaire franchement, aux seules fins de provoquer une r&#233;flexion, d'attirer l'attention sur un probl&#232;me qui nous para&#238;t majeur, &#224; savoir le non respect des femmes, la mani&#232;re dont elles sont priv&#233;es de la libert&#233; de disposer de leur corps et l'infantilisation dont elles sont souvent victimes quand elles sont enceintes ou qu'elles accouchent. Pour que notre col&#232;re soit entendue, il fallait l'exprimer d'une mani&#232;re surprenante, qui capte l'attention. Nous avions envie de nous amuser et d'essayer de briser les r&#233;sistances par le rire. C'est donc l'alliance de l'humour, de l'autod&#233;rision, de l'effronterie et de l'inconvenance, exprim&#233;es dans le cadre d'une d&#233;marche artistique, qui font la griffe des &#171; D&#233;cha&#238;n&#233;es &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Motivations&quot;&gt;&lt;/a&gt; Motivations &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi nos motivations, il y a le dossier des Maisons de Naissance, la probl&#233;matique de l'accouchement &#224; domicile en France, l'&#233;thique de la relation patient/soignant, ainsi qu'une r&#233;flexion f&#233;ministe sur l'accouchement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je passerai aussi en d&#233;tail nos ambitions, parmi lesquelles interpeller massivement les femmes, user d'une totale libert&#233; de parole et de ton, interpeller les soignants ainsi que le minist&#232;re de la Sant&#233; et plus largement les politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur qui nous a pouss&#233;es &#224; l'action, c'est la mascarade &#224; laquelle on assiste en France sur le dossier des &#171; Maisons de Naissance &#187;, r&#233;clam&#233;es par de nombreuses femmes et sages-femmes comme alternative &#224; l'accouchement en milieu hospitalier. Ce mod&#232;le existe dans d'autres pays : il y en a par exemple plus de 120 en Allemagne, il y en a en Belgique, en Suisse, en Autriche. Non seulement on nous les refuse, mais on trouverait de bon go&#251;t d'appeler &#171; Maisons de Naissance &#187; des espaces d&#233;di&#233;s &#224; la physiologie situ&#233;s &#224; l'h&#244;pital, au sein d'une maternit&#233;. En apprenant cela, on a vraiment compris qu'on se moquait de nous et que cela risquait de prendre encore des ann&#233;es avant que les femmes fran&#231;aises puissent b&#233;n&#233;ficier de la m&#234;me libert&#233; de choix que leurs voisines europ&#233;ennes. On nous avait pourtant laiss&#233; entrevoir la possibilit&#233; d'obtenir des &#171; Maisons de Naissance &#187;, puisque M. Kouchner en parlait d&#233;j&#224; en 1998, disant qu'elles seraient &#233;tablies sur le mod&#232;le allemand, et que M. Douste-Blazy, sur un plateau de t&#233;l&#233;vision en 2005, en citant le plan p&#233;rinatalit&#233; 2005/2007, affirmait qu'il en ouvrirait. Nous sommes en 2009 : toujours rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, il semblait difficile de s'affranchir d'une condition imp&#233;rative pour le Coll&#232;ge National des Gyn&#233;cologues Obst&#233;triciens ainsi que pour le minist&#232;re de la Sant&#233; : la proximit&#233; avec un bloc obst&#233;trical. Au fil du temps, cette proximit&#233; s'est pr&#233;cis&#233;e : &#171; non s&#233;par&#233;e par une voie de circulation et ne n&#233;cessitant pas de transport motoris&#233; en cas de transfert. &#187; On nous offrait tr&#232;s g&#233;n&#233;reusement des p&#244;les physiologiques ou acc&#232;s &#224; plateaux techniques pour sages-femmes lib&#233;rales en les baptisant Maisons de Naissance, le but &#233;tant toujours et encore de refuser un accompagnement m&#233;dical aux femmes qui souhaitent accoucher hors de l'h&#244;pital, qui pour certaines est un environnement anxiog&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me quand ces &#171; Maisons de Naissance &#187; &#224; la fran&#231;aise existeront - et ce n'est pas gagn&#233; - les femmes fran&#231;aises qui veulent accoucher en &#171; Maison de Naissance &#187; continueront &#224; traverser les fronti&#232;res et &#224; le payer au prix fort, puisque la Caisse d'Assurance Maladie Maternit&#233; &#224; laquelle elles ont cotis&#233; refuse de rembourser les accouchements qui se sont d&#233;roul&#233;s dans des structures &quot;ne correspondant pas aux exigences du syst&#232;me fran&#231;ais&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France, il reste deux projets, Lyon et Pau. Pour Lyon, les locaux qui pourraient &#234;tre am&#233;nag&#233;s sont &#224; 250 m&#232;tres d'une maternit&#233;. La particularit&#233; de Pau, c'est que la Maison de Naissance existe d&#233;j&#224;, ils ne demandent m&#234;me pas de financement, ils ont juste besoin d'une autorisation pour fonctionner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'accouchement &#224; domicile n'est pas interdit, pas dans les textes effectivement. Il existe n&#233;anmoins diff&#233;rents moyens pour dissuader les femmes de faire ce choix. D'abord par une information quasi inexistante ou d&#233;loyale sur le sujet, l'accouchement &#224; domicile n'&#233;tant jamais, ou tr&#232;s rarement, pr&#233;sent&#233; comme une option parmi d'autres pour un accouchement &#224; bas risque. Ensuite, par l'impossibilit&#233; pour les sages-femmes lib&#233;rales exer&#231;ant &#224; domicile de contracter une assurance pour cette activit&#233;. Vient ensuite la faible r&#233;mun&#233;ration, qui ne prend absolument pas en compte le temps que passe une sage-femme au domicile de la patiente qui accouche, ses consultations qui sautent et l'impact sur la vie de famille. Je citerai &#233;galement la formation initiale des sages-femmes qui ne les pr&#233;pare absolument pas &#224; s'engager dans ce type de voie. L'offre est donc peu importante : une soixantaine de sages-femmes toujours d&#233;bord&#233;es de demandes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour finir, le co&#251;t d'un accouchement &#224; domicile est souvent &#233;lev&#233;, des d&#233;passements d'honoraires parfois importants venant se greffer sur la maigre contribution vers&#233;e &#224; la sage femme pour l'accouchement, &#224; peu pr&#232;s 350 euros. Il y donc plusieurs freins : l'information, la faiblesse multifactorielle de l'offre et le co&#251;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On constate n&#233;anmoins que des femmes et des couples, d'origine parfois modeste, sont pr&#234;ts &#224; d&#233;bourser des centaines d'euros de leur poche, ce qui laisse imaginer &#224; quel point ils tiennent &#224; &#233;viter la prise en charge hospitali&#232;re. Certains vont accoucher dans d'autres pays ou font appel &#224; des sages-femmes ou m&#233;decins allemands ou belges pour un accouchement &#224; domicile, sans pouvoir parfois obtenir de remboursement de la Caisse de S&#233;curit&#233; Sociale, ce qui d&#233;note bien une pression suppl&#233;mentaire pour ramener les brebis &#224; la bergerie. Il y a eu des cas o&#249; l'accouchement &#224; domicile s'est d&#233;roul&#233; en France avec un praticien belge ou allemand, et il n'y a pas eu de remboursement par la Caisse de S&#233;curit&#233; Sociale, car certaines formalit&#233;s administratives n'avaient pas &#233;t&#233; correctement effectu&#233;es par le praticien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre r&#233;volte a &#233;t&#233; &#224; son comble quand nous avons constat&#233; que de nombreuses femmes envisageaient d'accoucher seules chez elles sans assistance m&#233;dicale, non par choix, mais par d&#233;pit de ne trouver aucune alternative &#224; l'accouchement en structure hospitali&#232;re. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons fait notre Manifeste en faveur du droit &#224; l'accouchement &#224; domicile accompagn&#233; par une sage-femme. Nous avons aujourd'hui plus de 2960 signatures et plus de 630 soutiens. Nous avions souhait&#233; alerter le minist&#232;re de la Sant&#233; et les professionnels sur ce qui nous para&#238;t &#234;tre un probl&#232;me de sant&#233; publique. Sans suite. Ces femmes n'int&#233;ressent visiblement pas grand monde.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Le-lieu-de-l-accouchement&quot;&gt;&lt;/a&gt; Le lieu de l'accouchement &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes les femmes sont donc le plus souvent contraintes d'accoucher &#224; l'h&#244;pital si elles veulent un accompagnement m&#233;dical pour intervenir en cas de probl&#232;me. Nous pensons que si le lieu importe pour elles, il faut pouvoir l'entendre, non seulement pour que l'accouchement ait de meilleures chances de bien se d&#233;rouler, mais surtout pour qu'elles puissent vivre pleinement et intens&#233;ment ce moment si rare et pr&#233;cieux, cet &#233;v&#233;nement intime qu'est une naissance. En effet, quand une femme choisit un lieu pour mettre son b&#233;b&#233; au monde, c'est sa culture qui s'exprime, mais aussi son histoire, son v&#233;cu. Refuser de r&#233;pondre &#224; la demande d'accouchement hors structure hospitali&#232;re, c'est ne pas respecter l'&#234;tre humain dans son int&#233;gralit&#233; et vouloir imposer les valeurs d'un syst&#232;me &#224; un individu. C'est aussi violent, &#224; nos yeux, qu'imposer &#224; une femme qui souhaite accoucher &#224; l'h&#244;pital sous p&#233;ridurale un accouchement &#224; domicile sans antalgiques. Dire que le lieu importe peu pour imposer l'accouchement &#224; l'h&#244;pital, c'est nier &#224; une femme le droit d'exprimer une sensibilit&#233; qui lui est propre, c'est la stigmatiser et vouloir la reformater. C'est oublier que le sentiment de s&#233;curit&#233; est quelque chose de tr&#232;s subjectif, mais aussi de tr&#232;s profond&#233;ment ancr&#233; dans l'&#234;tre, l'&#233;manation de peurs et d'envies qu'on n'efface pas en changeant la d&#233;coration d'une salle d'accouchement. C'est aussi occulter le fait qu'&#224; un lieu sont li&#233;es des personnes et des pratiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il r&#233;sulte de cette absence de r&#233;ponse &#224; la demande d'accouchement hors structure hospitali&#232;re une situation inconfortable, autant pour ces femmes que pour les soignants. Ces femmes, tr&#232;s inform&#233;es, avec une id&#233;e tr&#232;s claire de ce qu'elles veulent et de ce qu'elles ne veulent pas, d&#233;barquent &#224; la maternit&#233; en r&#233;clamant qu'on respecte la mani&#232;re dont elles envisagent de vivre la naissance de leur enfant, et que le soignant ne leur impose pas le kit de prise en charge traditionnel. Se sentant en terrain hostile, confront&#233;es aux sacro-saints protocoles auxquels il est parfois tellement simple de dire qu'on ne peut pas d&#233;roger, elles se retrouvent en situation conflictuelle avec l'&#233;quipe m&#233;dicale, encore plus quand elles osent citer des recommandations professionnelles ou des &#233;tudes scientifiques pour appuyer leurs demandes. Ces femmes ne sont pas en mesure de se battre le jour de l'accouchement, moment o&#249; la relation de pouvoir s'exprime au plus fort ; nous sommes par contre en mesure de nous battre pour elles pour exiger que leur choix soit respect&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'information est souvent trouv&#233;e sur Internet, sur des sites consacr&#233;s &#224; la grossesse ou &#224; l'accouchement, ou sur des forums. Cette information recueillie par la femme a souvent du mal &#224; &#234;tre &#233;chang&#233;e avec le soignant, qui souvent n'estime pas qu'une profane puisse avoir le droit de lui dicter la mani&#232;re dont un accouchement doit &#234;tre g&#233;r&#233; et qui n'est pas dispos&#233; &#224; s'&#233;carter de sa pratique quotidienne, ni bien souvent de mettre en question sa formation ou ses habitudes. M&#234;me le projet de naissance, qui devait instaurer un dialogue aux fins de permettre &#224; la femme de se r&#233;approprier son accouchement, est fr&#233;quemment l'occasion d'exprimer la relation de pouvoir qui peut exister entre cette femme, son &#233;ventuel conjoint et le soignant. Certaines sont sorties en pleurs de cet entretien, leur projet de naissance ratur&#233; &#224; l'encre rouge et une fin de non-recevoir pour la plupart de leurs demandes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous sommes pench&#233;es sur l'&#233;thique de la relation patient/soignant, encore tr&#232;s souvent verticale, le soignant opposant son savoir &#224; la pr&#233;tendue ignorance de la femme et &#233;tant plus ou moins dispos&#233; &#224; tenir compte de ses demandes. Cela peut passer par une infantilisation, un chantage affectif ou des railleries. Cette relation de pouvoir se manifeste dans les attitudes et les propos, qui peuvent donner &#224; la femme un sentiment d'inf&#233;riorit&#233; ou d'incomp&#233;tence, ce qui n'est pas sans cons&#233;quences sur la mani&#232;re dont elle va se positionner par rapport &#224; son enfant. Quand on a le sentiment d'&#234;tre incomp&#233;tente pour mettre son b&#233;b&#233; au monde, tr&#232;s logiquement, parfois, on se sent incomp&#233;tente pour s'en occuper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au moment o&#249; une femme franchit le seuil de la maternit&#233;, elle est priv&#233;e de tout droit sur son corps. Ne lui sont permises que les choses qui recueillent l'assentiment des soignants ; lui sont interdits tous les actes qui semblent incongrus aux soignants. Ceci est d'autant plus choquant &#224; nos yeux qu'on parle d'un ph&#233;nom&#232;ne physiologique qui sera sans complications dans la plupart des cas et non d'une pathologie. C'est le corps de la femme qui sait, et c'est elle qui sent, physiquement et psychiquement. Ce savoir inn&#233; n'a toutefois pas grande valeur aux yeux du corps m&#233;dical. L'accouchement ayant &#233;t&#233; mod&#233;lis&#233;, tout ce qui s'&#233;carte d'une norme devient suspect et entra&#238;ne un geste de la part du soignant, une contrainte sur le corps. Concernant ces gestes, bien souvent on ne cherche pas &#224; obtenir le consentement &#233;clair&#233; de la patiente, parce qu'on ne veut pas prendre le temps de lui expliquer quelque chose dont on estime qu'elle n'en saisira pas forc&#233;ment la port&#233;e, mais surtout parce que le faire est d'autant plus inutile qu'on n'est pas dispos&#233; &#224; agir autrement. Nous souhaitons amener les femmes &#224; se r&#233;approprier leur corps et leur accouchement, &#224; s'interroger, &#224; tenter d'imaginer ce qu'elles pourraient gagner en s'y impliquant davantage, quitte &#224; se positionner contre ce qu'on veut leur imposer et &#224; manifester leurs exigences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vient ensuite la r&#233;flexion f&#233;ministe, et pour illustrer mon propos, je vais prendre deux exemples extr&#234;mes. Le premier est celui d'une femme qui refuse la pose d'une voie veineuse. Celle que la plus ouverte des sages-femmes hospitali&#232;res mettra sans nul doute dans la cat&#233;gorie &#171; extr&#233;miste de la naissance naturelle &#187; et qui lui fera certainement dire que cette femme n'a qu'&#224; rester chez elle. Quand on s'arr&#234;te sur cet exemple, on constate que c'est avant tout la peur du soignant qui s'exprime et que, d'autre part, le soignant estime a priori la femme irresponsable, n'ayant pas conscience des cons&#233;quences f&#226;cheuses que son choix pourrait impliquer. Nous posons donc la question : et si on s'int&#233;ressait aux avantages que cela repr&#233;sente pour cette femme ainsi qu'aux effets positifs g&#233;n&#233;r&#233;s par le respect de cette demande, instaurant d&#232;s lors une relation de confiance entre la patiente et le soignant qui facilitera les &#233;ventuels gestes m&#233;dicaux qui pourraient s'imposer si cela tournait mal ? La position du soignant est ici contradictoire. Cette femme est venue en milieu hospitalier pour b&#233;n&#233;ficier de ses comp&#233;tences en cas de souci, elle n'est donc absolument pas oppos&#233;e &#224; ce que la naissance de son b&#233;b&#233; soit m&#233;dicalis&#233;e si cela s'av&#232;re n&#233;cessaire. L'incapacit&#233; du soignant &#224; accompagner cette femme selon ses d&#233;sirs, en lui laissant endosser la responsabilit&#233; de ses choix, peut perturber le d&#233;roulement de l'accouchement en mettant la femme en obligation de se battre pour se faire respecter, et dans cette configuration, les femmes ont rarement le dessus et en ressortent parfois profond&#233;ment meurtries.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me exemple concerne &#224; l'oppos&#233; une femme qui demande pr&#233;cocement une p&#233;ridurale d&#232;s que &#231;a pince ; elle ne veut rien savoir ni du ballon, ni des positions antalgiques. La femme &#224; laquelle on reproche parfois de ne pas savoir se prendre en charge, quand on ne la traite pas tout bonnement de gamine parce qu'elle en fait trop, manifeste une douleur d'une mani&#232;re jug&#233;e &#171; exag&#233;r&#233;e &#187;. La fameuse patiente en d&#233;but de travail qui est d&#233;j&#224; tr&#232;s algique, qui exasp&#232;re. Alors qu'on nous impose le mod&#232;le de l'accouchement sous p&#233;ridurale comme &#233;tant le nec plus ultra depuis des ann&#233;es, alors qu'on nous dit que c'est m&#234;me plus s&#251;r en cas de n&#233;cessit&#233; de recourir &#224; une c&#233;sarienne &#8211; c'est aujourd'hui un accouchement sur 5 qui finit en c&#233;sarienne &#8211; , alors que parfois m&#234;me la consultation anesth&#233;sique est l'occasion d'orienter ou d'asseoir le choix de la patiente en sa faveur, alors qu'on nous a rab&#226;ch&#233; qu'il ne servait &#224; rien de souffrir : comment ne pas comprendre que des femmes ne voient pas la moindre utilit&#233; &#224; se frotter &#224; des sensations d&#233;sagr&#233;ables ? Alors qu'on leur pr&#233;sente les douleurs de l'accouchement comme &#233;tant tellement horribles qu'accoucher sans p&#233;ridurale est insens&#233;, comment ne pas comprendre que certaines soient mortifi&#233;es d&#232;s qu'elles en &#233;prouvent les pr&#233;mices ? L&#224; encore, la sensibilit&#233; du soignant est mise en opposition avec celle de la patiente et est parfois l'occasion de brimades. Aujourd'hui, lorsqu'une patiente a mal et demande &#224; &#234;tre soulag&#233;e de sa douleur, on est dans l'obligation de r&#233;pondre &#224; sa demande. Ce n'est pas le sentiment du soignant qui prime, c'est le ressenti de la femme qui accouche. Si nous avons choisi d'appeler notre groupe le GRENN, Groupe Radical des Excit&#233;es de la Naissance Naturelle, c'est avant tout par sens de l'autod&#233;rision et de la provocation, absolument pas pour imposer un mod&#232;le d'accouchement naturel. Accoucher sans analg&#233;siques doit rester un acte volontaire, il ne saurait &#234;tre contraint. Personne ne peut se porter juge de ce qui est tol&#233;rable ou pas &#224; un &#234;tre humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#233;decine s'est totalement accapar&#233; l'accouchement. La plupart des femmes, profanes parmi les profanes, n'ont aucun mot &#224; dire sur la mani&#232;re dont on va diriger les choses pour elles, le seul choix qui leur est laiss&#233; est parfois celui du CD qu'elle pourront &#233;couter en salle d'accouchement. Dans d'autres endroits, r&#233;put&#233;s comme &#233;tant plus ouverts &#224; la physiologie, elles peuvent choisir parmi un &#233;ventail de possibilit&#233;s jug&#233;es convenables par la maternit&#233;. Mais force est de constater que les femmes peuvent d&#233;ranger, autant quand elles se soumettent trop que lorsqu'elles remettent le syst&#232;me en question. Ce n'est pas le monde m&#233;dical qui s'adapte &#224; la patiente, c'est la patiente qui va devoir faire selon la sensibilit&#233; du soignant qu'elle va rencontrer. Ceci est pour nous inacceptable et d&#233;note un grave probl&#232;me de formation, une absence de r&#233;flexion sur l'&#233;thique de la relation patient/soignant. S'il semble que sur ce sujet il y ait des avanc&#233;es dans la prise en charge de pathologies, le patient doit &#234;tre impliqu&#233; dans les choix th&#233;rapeutiques et peut refuser de se faire soigner selon ce qui semble raisonnable aux m&#233;decins, il n'en va pas de m&#234;me en obst&#233;trique, o&#249; les femmes sont trop souvent trait&#233;es telles des mineures, des personnes pour lesquelles il faut que le soignant d&#233;cide.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-culpabilisation-des-femmes&quot;&gt;&lt;/a&gt; La culpabilisation des femmes &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un autre moyen dont on use fr&#233;quemment est la culpabilisation des femmes quant aux cons&#233;quences de leurs choix sur leur enfant &#224; na&#238;tre, comme si les int&#233;r&#234;ts d'une femme et de son b&#233;b&#233; &#233;taient antagonistes, comme si un b&#233;b&#233; devait forc&#233;ment souffrir si sa m&#232;re prenait plaisir &#224; le mettre au monde &#224; sa fa&#231;on. De fait, la seule personne qui ait le droit de faire courir un risque &#224; ce b&#233;b&#233; ou &#224; cette femme qui accouche, c'est le soignant, dont les actes, &#224; port&#233;e parfois fortement iatrog&#232;ne, sont rendus licites par son statut m&#233;dical. La m&#233;decine sauve, tout le monde le sait, un m&#233;decin ou une sage-femme ne saurait nuire...&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-douleur&quot;&gt;&lt;/a&gt; La douleur &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que la p&#233;ridurale s'est impos&#233;e comme &#233;tant le seul vrai moyen de mettre un terme aux douleurs de l'accouchement et a &#233;t&#233;, &#224; ce titre, largement pl&#233;biscit&#233;e par les femmes, de plus en plus revendiquent bizarrement le droit d'accoucher dans la douleur, tout en testant souvent des m&#233;thodes alternatives pour les aider &#224; la traverser. Revient au go&#251;t du jour la m&#233;thode Lamaze ; il y a l'haptonomie, la sophrologie, l'hypnose, le chant pr&#233;natal, l'eutonie.... Il y a ici quelque chose de profond&#233;ment novateur dans la mani&#232;re dont les femmes vivent l'accouchement, c'est m&#234;me toute la repr&#233;sentation de cet &#233;v&#233;nement qui s'en trouve boulevers&#233;e. Il est aujourd'hui question pour certaines de reprendre le pouvoir pour r&#233;habiliter le corps, pour que le processus physiologique ne soit pas perturb&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, si la m&#233;thode Lamaze a donn&#233; &#224; beaucoup de femmes une meilleure connaissance de leur corps, elle les maintenait dans un &#233;tat de soumission vis-&#224;-vis du soignant. Aucun geste th&#233;rapeutique n'&#233;tait d'ailleurs remis en question, on appliquait une m&#233;thode qu'on nous avait g&#233;n&#233;reusement offerte et la pr&#233;occupation de beaucoup de femmes &#233;tait de l'appliquer de mani&#232;re &#224; donner satisfaction au soignant qui la leur avait inculqu&#233;e. De fait, ainsi que le d&#233;nonce l'ouvrage &lt;i&gt;Les bateleurs du Mal-Joli &lt;/i&gt; de Marie-Jos&#233; Jaubert, suivi de &lt;i&gt;Ces hommes qui nous accouchent&lt;/i&gt;, si la douleur &#233;tait souvent bien pr&#233;sente, la femme offrait en spectacle pour le soignant et pour son conjoint le visage d'une femme qui se ma&#238;trise. Aujourd'hui, des femmes revendiquent au contraire le droit de ne plus rien ma&#238;triser, d'&#234;tre libres de s'exprimer comme bon leur semble. Elles s'entourent donc de pr&#233;f&#233;rence de personnes qu'elles connaissent et en qui elles ont confiance, des personnes qui ne porteront pas un jugement n&#233;gatif sur leur comportement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;tude britannique r&#233;cente mettait en avant ce que beaucoup de femmes qui ont accouch&#233; savent d&#233;j&#224; : le fait de crier ou de jurer att&#233;nue la douleur. Nous avons aujourd'hui des femmes qui revendiquent le droit d'insulter leur conjoint ou leur sage-femme si cela peut les soulager. Tr&#232;s s&#233;rieusement, ce qu'il y a l&#224; derri&#232;re, c'est le droit d'exprimer ce qu'on ressent et non d'&#234;tre dans l'obligation d'offrir une image de femme qui ma&#238;trise. La libert&#233; dont ces femmes veulent disposer remet en cause bon nombre de pratiques courantes au sein des maternit&#233;s. C'est la raison pour laquelle leurs choix s'orientent tr&#232;s souvent vers un accouchement &#224; domicile, en Maison de Naissance, &#224; l'&#233;tranger, voire m&#234;me pour certaines un accouchement non m&#233;dicalement assist&#233; chez elles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;habiliter le corps&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous parlais tout &#224; l'heure de r&#233;habiliter le corps. Cela se traduit de plusieurs fa&#231;ons. Ces femmes refusent la perfusion glucos&#233;e, mais elles boivent si elles ont soif, elles mangent si elles ont faim. Elles ne veulent pas qu'on leur donne le choix entre plusieurs positions pour accoucher mais veulent pouvoir adopter librement et instinctivement celle que leur corps leur indiquera comme &#233;tant la plus favorable. Elles ne veulent pas de pouss&#233;e dirig&#233;e si tout va bien et exigent qu'on attende que leur corps leur impose la pouss&#233;e qui fera na&#238;tre leur petit. Enfin, elles se r&#233;approprient leur sexe en refusant qu'il soit coup&#233; si l'&#233;tat de sant&#233; de leur b&#233;b&#233; n'impose pas qu'on l'aide &#224; na&#238;tre plus vite. Elles veulent aussi redonner &#224; cet &#233;v&#233;nement sa dimension intime et sexuelle, refusant par exemple les all&#233;es et venues dans la pi&#232;ce o&#249; elles accouchent, refusant les touchers vaginaux r&#233;p&#233;t&#233;s, r&#233;clamant une faible luminosit&#233; et du silence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; cette occasion, les femmes partent &#224; la d&#233;couverte de sensations inconnues, se confrontent &#224; elles-m&#234;mes, &#224; leurs limites. Ces femmes en bonne sant&#233; veulent aborder la naissance de leur enfant comme un acte naturel pour lequel leur corps est programm&#233;. Elles estiment que moins on l'entrave, plus il peut s'exprimer, mieux la naissance se d&#233;roulera. Elles veulent un corps qui vive, qui ressente : la douleur, le plaisir, la faim, la soif, l'inconfort et le bien-&#234;tre... Elles veulent &#234;tre tout enti&#232;res emport&#233;es par le processus qui aboutira &#224; la naissance de leur enfant pour en ressortir grandies et plus fortes. D'ailleurs, offertes aux sensations diverses qui se pr&#233;sentent &#224; elles, elles d&#233;couvrent qu'un accouchement n'est pas que douleur et peur, qu'il peut aussi procurer du plaisir, de la douceur et de la joie, ceci &#233;tant fortement li&#233; &#224; leur acceptation initiale de la douleur puisque ce sont des femmes qui sont volontaires pour accoucher de cette mani&#232;re. Elles d&#233;couvrent aussi parfois la puissance de leur corps au travers d'un r&#233;flexe d'&#233;jection intense qui ne n&#233;cessitera m&#234;me pas qu'elles poussent leur b&#233;b&#233; volontairement. &#192; cette occasion, elles sont parfois surprises, comme lors de leur premier orgasme, emport&#233;es par une force dont elles n'imaginaient pas l'existence et contre laquelle on ne peut ni ne souhaite lutter. Elles ont envie de communiquer cette joie, de faire savoir qu'accoucher peut &#234;tre une exp&#233;rience lib&#233;ratrice, voire fondatrice, pour une femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paradoxalement, la p&#233;ridurale en se g&#233;n&#233;ralisant a donn&#233; envie &#224; certaines femmes de s'en passer. Accoucher dans la douleur, ou plut&#244;t d'une mani&#232;re qui ne l'exclue pas, c'est aujourd'hui un choix, et non plus une contrainte impos&#233;e par la nature. De m&#234;me, la g&#233;n&#233;ralisation de l'accouchement en milieu hospitalier a donn&#233; envie &#224; certaines de retrouver la douceur d'un foyer pour mettre leur b&#233;b&#233; au monde, dans des conditions d'hygi&#232;ne et de sant&#233; qui n'ont plus rien &#224; voir avec celles que connaissaient les femmes au 19&#232;me si&#232;cle. N&#233;anmoins, elles ont besoin de savoir que les portes de l'h&#244;pital ne leur sont pas ferm&#233;es et qu'elles seront bien accueillies si un probl&#232;me survient ou est suspect&#233; durant l'accouchement, ou si elles ressentent le besoin de recourir &#224; une anesth&#233;sie p&#233;ridurale pour pouvoir continuer &#224; vivre pleinement la naissance de leur b&#233;b&#233;. Or, c'est l&#224; aussi que le b&#226;t blesse aujourd'hui : des femmes accouchent chez elles en ayant peur d'aller &#224; l'h&#244;pital en cas de probl&#232;me, &#224; cause du mauvais accueil qui leur sera fait, ce qui est potentiellement nuisible tant &#224; la sant&#233; de la femme qui accouche qu'&#224; celle du b&#233;b&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Un-combat-feministe&quot;&gt;&lt;/a&gt; Un combat f&#233;ministe &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les combats f&#233;ministes ont permis aux femmes de choisir d'&#234;tre m&#232;res ou pas. Plut&#244;t focalis&#233;s sur les sujets de l'avortement et de la contraception pour ce qui est de la lib&#233;ration sexuelle, les mouvements f&#233;ministes semblent tr&#232;s peu s'&#233;mouvoir de la mani&#232;re dont les femmes sont parfois malmen&#233;es quand elles accouchent. C'est ce combat f&#233;ministe que les &#171; D&#233;cha&#238;n&#233;es &#187; veulent incarner, celui du respect d&#251; aux femmes, quelle que soit la mani&#232;re dont elles envisagent de vivre leur grossesse et leur accouchement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Persuad&#233;es que l'accouchement s'inscrit de fa&#231;on majeure dans la vie sexuelle d'une femme, nous r&#233;clamons pour elles le droit &#224; disposer de leur corps, alors que ce dernier ex&#233;cute une fonction physiologique, et une plus grande d&#233;licatesse quand il s'agit de toucher leur sexe ou de l'offrir aux regards d'autrui, &#233;tudiants par exemple, mais aussi compagnon. J'ai ici l'exemple d'une femme dont j'ai eu le t&#233;moignage tr&#232;s r&#233;cemment, qui expliquait qu'au moment de l'expulsion, le gyn&#233;cologue a invit&#233; le papa &#224; venir voir le b&#233;b&#233; sortir. Cette femme nous &#233;crit qu'elle &#233;tait horrifi&#233;e, elle n'avait absolument pas envie que son conjoint voie son sexe dans cet &#233;tat-l&#224;, et elle nous &#233;crit qu'&#224; ce moment-l&#224;, elle s'&#233;tait contract&#233;e, elle n'avait absolument plus envie de pousser son b&#233;b&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si on &#233;tablit en g&#233;n&#233;ral volontiers le lien sexualit&#233;/accouchement quand une femme a subi des violences sexuelles par exemple, ou quand il y a eu un traumatisme tel une interruption m&#233;dicale de grossesse ou une interruption volontaire de grossesse, bref, quand c'est susceptible de g&#233;n&#233;rer des complications, on a plus de mal &#224; accepter l'id&#233;e que le corps d'une femme s'exprime en mode sexuel quand elle accouche, que la sexualit&#233; de cette femme, son degr&#233; de pudeur ou de g&#234;ne vis-&#224;-vis des soignants mais aussi de son compagnon, peuvent interf&#233;rer de mani&#232;re positive ou n&#233;gative dans le d&#233;roulement d'une naissance. C'est dommage &#224; plus d'un titre. Cela permettrait de mieux comprendre la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server l'intimit&#233; pour permettre &#224; une femme de s'abandonner &#224; son ressenti, ce qui est tr&#232;s difficile quand il y a des spectateurs, mais aussi d'entrevoir les possibles perturbations induites par des injonctions &#224; faire comme ceci ou ne pas faire comme cela. Cela permettrait enfin de saisir qu'entraver le corps, vouloir le ma&#238;triser, agir sur les postures, sur la respiration &#8211; quand il n'y a pas de probl&#232;mes &#8211; sont autant de moyens d'emp&#234;cher la femme d'acc&#233;der &#224; cet orgasme qu'est le r&#233;flexe d'&#233;jection, et donc de ressentir la puissance de son corps qui accouche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons la certitude que les choses changeront sur la demande pressante et massive des femmes, il s'agit donc de les toucher largement. Nous nous servons des moyens de communication modernes pour y parvenir, d'o&#249; la cr&#233;ation d'un site internet, mais surtout de vid&#233;os. L'ic&#244;ne Selina Kyle pourrait &#234;tre n'importe quelle femme, elle symbolise un combat solidaire dans lequel toutes doivent s'engager, quelle que soit leur approche de la naissance, afin que chacune puisse &#234;tre respect&#233;e dans ses choix et donner naissance selon sa sensibilit&#233;, m&#233;lange de sa culture et de son histoire personnelle. Il ne s'agit en aucun cas d'imposer un mod&#232;le, tout au plus d'insuffler un renouveau dans la repr&#233;sentation de l'accouchement au sein de l'inconscient collectif. Nous souhaitons que le syst&#232;me &#233;volue pour que toutes puissent trouver satisfaction. Cela sous-entend une modification des pratiques hospitali&#232;res, ainsi que de l'attitude des soignants, mais aussi la cr&#233;ation de Maisons de Naissance et un acc&#232;s ais&#233; &#224; l'accouchement &#224; domicile accompagn&#233; par une sage-femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi nos ambitions, il y a &#233;galement celle de pr&#233;server notre libert&#233; de parole et de ton. En effet, l'engagement associatif traditionnel impose des compromis qui tiennent compte de la sensibilit&#233;, des int&#233;r&#234;ts, des imp&#233;ratifs des professionnels et des politiques. Nous occultons d&#233;lib&#233;r&#233;ment cet aspect des choses en nous positionnant dans la radicalit&#233;, dans la contestation. L'humour nous permet de diffuser notre message librement, tout en &#233;veillant une curiosit&#233; propice &#224; la r&#233;flexion, et cet humour nous permet de prendre plaisir &#224; chacune de nos interventions, ce qui est tr&#232;s important si on veut pouvoir s'inscrire dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme nous revendiquons pour toutes les femmes le droit de pouvoir trouver un m&#233;decin si elles veulent avorter, nous revendiquons pour elles de pouvoir trouver une offre qui corresponde &#224; leurs souhaits en mati&#232;re d'accouchement. Tout comme nous exigeons qu'aucune ne soit infantilis&#233;e ou culpabilis&#233;e quand elle avorte, nous r&#233;clamons le respect pour celle qui donne la vie. Cela s'inscrit pour nous dans la m&#234;me lign&#233;e que les combats pour le droit &#224; la contraception et &#224; l'avortement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ambitionnons aussi d'interpeller les soignants, car il est temps d'abroger les relations de pouvoir entre patientes et soignants et de les remplacer par une relation de confiance au sein de laquelle une femme se sent respect&#233;e dans ses choix. Ce n'est pas au soignant de d&#233;cider ce qui est bon pour une femme ou son b&#233;b&#233;, il est avant tout en devoir de lui donner une information claire et loyale, en la reconnaissant responsable quant aux choix qu'elle op&#232;re in fine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre de nos ambitions est d'amener les professionnels de sant&#233; &#224; prendre conscience de la part de risque induite par un interventionnisme d&#233;plac&#233;, quand il n'est pas outrancier. Il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; des femmes qui prennent des risques et des soignants qui sauvent des vies. La notion de risque est elle-m&#234;me diff&#233;rente pour chacun. L&#224; o&#249; une femme prend des risques aux yeux du soignant, elle a parfois la certitude de s'en &#233;pargner d'autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes, nous avons envie d'interpeller le minist&#232;re de la Sant&#233; et plus largement les politiques, et il nous tient &#224; c&#339;ur d'attirer leur attention sur le fait que toutes les femmes devraient pouvoir trouver sur le territoire fran&#231;ais la solution qui correspond &#224; leurs attentes. Il nous para&#238;t aberrant qu'elles soient oblig&#233;es de traverser nos fronti&#232;res pour accoucher en Maison de Naissance ou qu'elles fassent appel &#224; une sage-femme ou un m&#233;decin belge ou allemand pour accoucher &#224; domicile, ce qui n'est d'ailleurs r&#233;serv&#233; qu'aux frontali&#232;res, du moins &#224; celles qui peuvent se l'offrir ou qui sont suffisamment d&#233;sesp&#233;r&#233;es pour payer un prix parfois tr&#232;s &#233;lev&#233;. Ce n'est pas seulement la s&#233;curit&#233; des femmes et des b&#233;b&#233;s qui est en question - je pense ici &#224; l'accouchement non assist&#233; par d&#233;pit - mais aussi &#224; l'&#233;galit&#233; face &#224; l'acc&#232;s aux soins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et surtout - c'est cependant le message qui a le plus de mal &#224; se faire entendre - il est question pour les femmes de pouvoir disposer librement de leur corps quand elles accouchent et d'&#234;tre trait&#233;es en adultes responsables. La repr&#233;sentation que le monde m&#233;dical se fait de l'accouchement ne saurait s'imposer &#224; tous les individus, chacun de nous est libre d'en avoir une autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand il s'agit d'accouchement, les femmes s'entendent dire depuis toujours : &#171; Pensez &#224; votre b&#233;b&#233;, pensez &#224; vos autres enfants &#187;, voire &#171; pensez &#224; votre conjoint &#187;. Aujourd'hui, nous leur disons : &#171; Pensez d'abord &#224; vous, tout le monde s'en portera mieux. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12 septembre 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'humanisme pr&#233;dateur</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article64</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article64</guid>
		<dc:date>2012-02-21T07:37:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>Handicap</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; se pr&#233;occupe du handicap et travaille &#224; faire que tous aient une place dans les processus &#233;conomiques et sociaux, qu'il n'y ait pas de citoyens exclus, surnum&#233;raires. La personne handicap&#233;e doit &#234;tre &#171; ins&#233;r&#233;e &#187; dans la soci&#233;t&#233;. Il faut gommer sa diff&#233;rence, qu'elle se fonde dans le groupe, qu'elle disparaisse&#8230; C'est ce que j'appelle l'&lt;strong&gt;humanisme pr&#233;dateur&lt;/strong&gt;. On ne reconna&#238;t pas la personne comme elle est, mais &#224; sa capacit&#233; &#224; nous ressembler.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Handicap&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-seconde-vie-des-bebes-morts&amp;#39;&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-nouvelle-representation-du&amp;#39;&gt;Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-loi-de-1993&amp;#39;&gt;La loi de 1993&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-enquetes-existantes&amp;#39;&gt; Les enqu&#234;tes existantes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&amp;#39;&gt;La th&#233;orie freudienne sur le deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-figure-du-foetus&amp;#39;&gt;La figure du f&#339;tus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-inquietude&amp;#39;&gt;Une &#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-colonisation-des-corps&amp;#39;&gt;La &quot;colonisation des corps&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Que-nous-apprend-l-etude-de-la&amp;#39;&gt;Que nous apprend l&amp;#39;&#233;tude de la maternit&#233; sur le syst&#232;me colonial ? &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-colonie-modele&amp;#39;&gt;Une &quot;colonie mod&#232;le&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Medicalisation-de-la-maternite&amp;#39;&gt;M&#233;dicalisation de la maternit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-femmes-accusees&amp;#39;&gt;Les femmes accus&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-succes-de-la-maternite-d-Accra&amp;#39;&gt;Le succ&#232;s de la maternit&#233; d&amp;#39;Accra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Formation-de-sages-femmes&amp;#39;&gt;Formation de sages-femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-mode-d-accouchement&amp;#39;&gt;Le mode d&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-centres-de-PMI&amp;#39;&gt;Les centres de PMI&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#De-bonnes-meres&amp;#39;&gt;De &quot;bonnes m&#232;res&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-origines-du-GRENN&amp;#39;&gt;Les origines du GRENN&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Mode-de-fonctionnement&amp;#39;&gt;Mode de fonctionnement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Motivations&amp;#39;&gt;Motivations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-lieu-de-l-accouchement&amp;#39;&gt;Le lieu de l&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-culpabilisation-des-femmes&amp;#39;&gt;La culpabilisation des femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-douleur&amp;#39;&gt;La douleur&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Un-combat-feministe&amp;#39;&gt;Un combat f&#233;ministe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;Je suis la maman d'un gar&#231;on de 13 ans, polyhandicap&#233;.
Pour l'administration, je suis m&#232;re d'un &#171; enfant en situation de handicap &#187;. Mon fils n'a donc pas une infirmit&#233; ou une d&#233;ficience, il est &#171; en situation de handicap &#187;. Il fait partie de cette grande cat&#233;gorie o&#249; se m&#234;lent les personnes porteuses de d&#233;ficiences physiques, mentales, sensorielles ou psychiques. Mais le regard est-il le m&#234;me sur chacune de ces personnes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; se pr&#233;occupe du handicap et travaille &#224; faire que tous aient une place dans les processus &#233;conomiques et sociaux, qu'il n'y ait pas de citoyens exclus, surnum&#233;raires. La personne handicap&#233;e doit &#234;tre &#171; ins&#233;r&#233;e &#187; dans la soci&#233;t&#233;.
Ce terme de &#171; handicap &#187;, issu des courses de chevaux, sous-entend qu'il doit retrouver des chances &#233;gales &#224; celles des autres. Il ne doit plus &#234;tre diff&#233;rent, il doit participer &#224; la course commune. On ressent bien cette image de comp&#233;tition. La personne handicap&#233;e est donc un citoyen r&#233;int&#233;grable qu'il faut aider &#224; rejoindre le groupe normal.
On met en valeur l'infirme qui se d&#233;passe : le paralys&#233; qui remonte &#224; cheval ou l'amput&#233; qui gravit le sommet du Kilimandjaro (on se souvient de cette &#233;mission qui a eu un beau succ&#232;s et qui s'intitulait : &#171; Un d&#233;fi humain : dix handicap&#233;s &#224; l'assaut du Kilimandjaro &#187;). De m&#234;me, dans le domaine du handicap mental, on s'&#233;merveille devant la personne autiste qui calcule aussi vite qu'un ordinateur ou qui est un virtuose au piano.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais quel est le regard de la soci&#233;t&#233; sur un enfant polyhandicap&#233; dont l'exploit va &#234;tre de saisir un biscuit sans le briser, de se retourner quand on l'appelle ou de vous regarder furtivement dans les yeux ? Non, il n'est pas dans la course. Il serait plut&#244;t &#171; hors course &#187;. C'est pourquoi les associations de parents sont si nombreuses et si indispensables. Les parents, les fr&#232;res et s&#339;urs ou les amis repr&#233;sentent, je crois, les gardiens les plus motiv&#233;s des int&#233;r&#234;ts de ces personnes handicap&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personnellement, je ne suis plus dans une volont&#233; de gu&#233;rison ou d'adaptation. Je recherche pour mon fils une sociabilit&#233;, un acc&#232;s &#224; la relation humaine. J'ai souhait&#233; longtemps qu'il soit comme les autres. J'ai voulu le r&#233;&#233;duquer. &#201;tait-ce pour qu'il soit comme tout le monde ou pour qu'il paraisse comme tout le monde ? Car il est diff&#233;rent. C'est sa r&#233;alit&#233;. Il ne sera pas heureux si je masque sa singularit&#233;, si je tente de combler l'&#233;cart. Je souhaite au contraire faire valoir sa diff&#233;rence. Que sa vie, telle qu'elle est, ait autant de valeur que celle du reste de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas un parcours facile. Par exemple, j'ai toujours &#233;t&#233; s&#251;re que mon enfant marcherait, et m&#234;me son fauteuil devait rester provisoire. Mais j'ai vu r&#233;cemment un m&#233;decin r&#233;&#233;ducateur qui m'a dit : &#171; Si votre fils ne veut pas marcher, il ne marchera jamais. &#187; On ne peut pas le forcer. J'ai beaucoup de mal &#224; comprendre qu'il n'ait pas cette envie. J'ai le sentiment qu'il se prive de moments de bonheur. Je continue d'ailleurs &#224; l'aider &#224; marcher et l'&#233;quipe de son &#233;tablissement reste motiv&#233;e dans ce sens. Pourtant, il faudra accepter que son choix de vie soit aussi valable que le mien. Il a tr&#232;s peu d'autonomie et je dois faire beaucoup de chose &#224; sa place. Mais je ne peux pas vivre &#224; sa place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; ne serait-elle pas d'apprendre &#224; faire passer ses int&#233;r&#234;ts avant les miens et lui laisser sa libert&#233; ?
Le regard de la soci&#233;t&#233; est diff&#233;rent : &#171; Il ne peut pas &#234;tre heureux, car il n'est pas comme nous. &#187; Pour l'aider et lui redonner sa dignit&#233;, il faut faire le maximum pour le tirer vers nous, pour qu'il acc&#232;de au plus pr&#232;s de ce que nous consid&#233;rons comme le bonheur. Il faut gommer la diff&#233;rence, qu'il se fonde dans le groupe, qu'il disparaisse&#8230; C'est ce que j'appelle l'&lt;strong&gt;humanisme pr&#233;dateur&lt;/strong&gt;. On ne reconna&#238;t pas la personne comme elle est, mais &#224; sa capacit&#233; &#224; nous ressembler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut &#234;tre touch&#233; de mani&#232;re affective pour reconna&#238;tre une personne polyhandicap&#233;e. C'est l'&#233;motion, la sensibilit&#233; qui nous fait percevoir sa valeur. Le raisonnement rationnel ne suffit pas pour la comprendre. Nous ne sommes plus dans le champ du m&#233;dical ni dans une vision socio-&#233;conomique : nous sommes dans une vision qui vient du c&#339;ur.
Et, alors, on ne se heurte plus &#224; une diff&#233;rence, mais on rencontre l'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Septembre 2009&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compl&#233;ment bibliographique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Henri-Jacques Stiker, &lt;i&gt;Corps infirmes et soci&#233;t&#233;s, essais d'anthropologie historique&lt;/i&gt;, Dunod, 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Henri-Jacques Stiker, &lt;i&gt;Pour le d&#233;bat d&#233;mocratique : la question du handicap&lt;/i&gt;, Ctnerhi, 2000.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire de l'allaitement, histoires d'allaitement</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article60</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article60</guid>
		<dc:date>2012-02-13T06:36:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Didierjean-Jouveau</dc:creator>


		<dc:subject>XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>Allaitement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Autant le ph&#233;nom&#232;ne des nourrices a fait l'objet de nombreuses &#233;tudes, autant l'histoire de l'allaitement et de ses avatars au si&#232;cle dernier a peu int&#233;ress&#233; les historiens.
C'est cette lacune que nous allons - modestement - essayer de combler, car c'est de cette histoire que nous sommes issues, et ce qui s'est pass&#233; tout au long du 20e si&#232;cle explique bien des probl&#232;mes que rencontrent aujourd'hui les femmes qui souhaitent allaiter leur b&#233;b&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?mot16" rel="tag"&gt;Allaitement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L108xH150/arton60-4ca9e.jpg&quot; width='108' height='150' style='height:150px;width:108px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#L-ascension-du-biberon&amp;#39;&gt;L&amp;#39;ascension du biberon &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-fin-des-nourrices&amp;#39;&gt;La fin des nourrices &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Des-biberons-plus-surs&amp;#39;&gt;Des biberons plus s&#251;rs &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-interets-economiques&amp;#39;&gt;Les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-regne-des-poids-et-mesures&amp;#39;&gt;Le r&#232;gne des poids et mesures &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-puericulture-contre-l&amp;#39;&gt;La pu&#233;riculture contre l&amp;#39;allaitement &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#L-age-du-sevrage&amp;#39;&gt;L&amp;#39;&#226;ge du sevrage &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-croyances-traditionnelles&amp;#39;&gt;Les croyances traditionnelles &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Et-les-meres&amp;#39;&gt;Et les m&#232;res ? &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-annees-70-80-et-90&amp;#39;&gt;Les ann&#233;es 70, 80 et 90&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Bibliographie&amp;#39;&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;L-ascension-du-biberon&quot;&gt;&lt;/a&gt; L'ascension du biberon &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il peut para&#238;tre paradoxal de commencer une histoire de l'allaitement maternel au 20e si&#232;cle par... le biberon. Mais en fait, comme on le verra, le biberon comme contenant et le lait industriel comme contenu jettent leur ombre sur l'allaitement tout au long de ce si&#232;cle. &#192; la fois comme concurrents du sein et comme mod&#232;les sur lesquels on essaie &#224; toute force de calquer l'allaitement au sein, avec les cons&#233;quences catastrophiques qu'on conna&#238;t.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-fin-des-nourrices&quot;&gt;&lt;/a&gt; La fin des nourrices &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La fin du 19e si&#232;cle et le d&#233;but du 20e voient la disparition progressive des nourrices (le dernier bureau de placement ne fermera qu'en 1936) et leur remplacement, progressif lui aussi, par des biberons plus s&#251;rs donn&#233;s dans des lieux de garde plus proches des parents (&#224; noter que les nourrices elles-m&#234;mes donnaient elles aussi de plus en plus le biberon : &#224; la veille de la guerre de 1914, on estime que seuls 7,5 % des enfants en nourrice &#233;taient nourris au sein).
Ces deux ph&#233;nom&#232;nes enl&#232;vent aux d&#233;fenseurs de l'allaitement maternel un certain nombre de leurs arguments. Les enfants &#233;tant de plus en plus gard&#233;s &#224; la journ&#233;e au lieu d'&#234;tre envoy&#233;s &#224; la campagne pour de longs mois, la critique des effets de la s&#233;paration parents/enfants se fait moins virulente.
L'am&#233;lioration des conditions de l'alimentation au biberon, quant &#224; elle, fait baisser la mortalit&#233; infantile qu'engendraient des biberons contamin&#233;s et des laits frelat&#233;s. Or cette mortalit&#233; infantile effrayante (20 &#224; 30 % de mortalit&#233; infantile en 1885, 52 % de mortalit&#233; chez les b&#233;b&#233;s parisiens envoy&#233;s en nourrice en 1870) avait &#233;t&#233; le principal argument des m&#233;decins et des politiques pour pr&#244;ner l'allaitement maternel, et ce dans un but d&#233;mographique avou&#233; : si l'on ne pouvait faire na&#238;tre plus de b&#233;b&#233;s, qu'au moins ceux qui &#233;taient n&#233;s ne meurent pas tout de suite, afin que la France ait assez de soldats pour la prochaine guerre contre la Prusse.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Des-biberons-plus-surs&quot;&gt;&lt;/a&gt; Des biberons plus s&#251;rs &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le grand danger de l'alimentation au biberon venait de l'absence d'hygi&#232;ne, d'une mauvaise conservation du lait, de l'utilisation de lait cru et souvent falsifi&#233; et de l'emploi de biberons en m&#233;tal rouill&#233; ou en verre avec un col &#233;troit. Le pire &#233;tait constitu&#233; par les biberons &#224; tube et &#224; soupape, tr&#232;s appr&#233;ci&#233;s par les nourrices car permettant &#224; l'enfant de se nourrir tout seul, mais vraiment mortels car impossibles &#224; nettoyer. Dans une note lue &#224; l'Acad&#233;mie de m&#233;decine en mai 1881, le Dr Fauvel r&#233;v&#233;lait que sur 31 biberons examin&#233;s, 28 contenaient dans la t&#233;tine, dans le tube et m&#234;me dans le r&#233;cipient en verre, des v&#233;g&#233;tations cryptogamiques et de tr&#232;s nombreuses colonies de microbes de la diarrh&#233;e infectieuse et du chol&#233;ra infantile. Il faudra un d&#233;bat au Parlement, en 1910, pour finalement interdire ces biberons infanticides.
&#192; partir des ann&#233;es 1890, suite aux d&#233;couvertes de Pasteur, on commence &#224; se pr&#233;occuper non seulement de l'hygi&#232;ne du contenant - le biberon - mais aussi de celle du contenu - le lait. Le contr&#244;le du lait &#224; l'&#233;table (contr&#244;les sanitaires v&#233;t&#233;rinaires, &#233;preuve obligatoire &#224; la tuberculine), la mise en vente de laits pasteuris&#233;s, l'&#233;ducation des m&#232;res &#224; la st&#233;rilisation domestique, contribuent &#224; fortement diminuer les dangers du biberon. On se pr&#233;occupe aussi de lutter contre les falsifications du lait. La plus courante consistait &#224; ajouter de l'eau au lait, elle ne cessera qu'en 1902. Le lait &#233;tait &#233;galement &#233;cr&#233;m&#233; et on lui ajoutait des substances destin&#233;es &#224; lui rendre son opacit&#233; et sa couleur (au choix : des oignons torr&#233;fi&#233;s, du caramel, du safran, de l'extrait de chicor&#233;e, de l'eau de chaux, de la gomme adragante...) ou &#224; retarder la fermentation (bicarbonate de soude, acide borique, acide salicylique et m&#234;me acide formique...).
C'est &#224; cette &#233;poque qu'apparaissent les Gouttes de lait (la premi&#232;re est cr&#233;&#233;e &#224; F&#233;camp, en 1894, par le Dr Dufour), qui fournissent aux m&#232;res un lait &#224; la qualit&#233; v&#233;rifi&#233;e, &quot; humanis&#233; &quot;, st&#233;rilis&#233; et r&#233;parti en autant de flacons que l'enfant devra prendre de repas. Dans les d&#233;cennies qui suivent, les recherches se multiplieront pour obtenir un lait industriel commode d'utilisation et cens&#233; se rapprocher le plus possible du lait maternel : proc&#233;d&#233; de Winter et Vigier, proc&#233;d&#233; de Gaertneer, proc&#233;d&#233; de Backauss, laits acidifi&#233;s, travaux de Marriot, lait concentr&#233;, lait dess&#233;ch&#233;... les recherches continuent jusqu'&#224; aujourd'hui !&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Les-interets-economiques&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que si le lait maternel est une ressource naturelle gratuite dont on ne peut faire commerce, les substituts du lait maternel, eux, engendrent par leur fabrication et leur distribution des b&#233;n&#233;fices qui peuvent expliquer bien des r&#233;ticences &#224; promouvoir l'allaitement au sein.
D'&#233;normes sommes d'argent sont en jeu, dont les professionnels et les &#233;tablissements de sant&#233; ont eu leur part. On conna&#238;t le syst&#232;me des &quot; tours de lait &quot; qui existait avant que le d&#233;cret de 1998 ne les interdisent. On sait moins qu'&#224; une &#233;poque, l'implication a pu &#234;tre beaucoup plus directe. Au tout d&#233;but du 20e si&#232;cle, un grand nombre de marques de lait furent d&#233;pos&#233;es, entre autres par des m&#233;decins : par exemple, en 1898, le &quot; s&#233;ro-lait du docteur Pierre Laurent, le seul lait st&#233;rilis&#233; identique &#224; celui de la femme &quot;, ou en 1912, le &quot; lait scientifique pasteuris&#233; du docteur Percheron &quot;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Le-regne-des-poids-et-mesures&quot;&gt;&lt;/a&gt; Le r&#232;gne des poids et mesures &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que le 20e si&#232;cle a vu le triomphe d'une pu&#233;riculture &quot; scientifique &quot; o&#249; tout est affaire de r&#232;gles et de mesures &#233;dict&#233;es par les professionnels et que doivent suivre religieusement les m&#232;res si elles veulent &#234;tre de &quot; bonnes &quot; m&#232;res. Il est s&#251;r que l'alimentation au biberon cadre admirablement avec cela : tant de grammes tant de fois par jour &#224; tel &#226;ge. Le probl&#232;me est qu'on a voulu faire entrer de force l'allaitement au sein dans le m&#234;me cadre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le je&#251;ne des premi&#232;res heures&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michel Odent l'explique bien dans son ouvrage &lt;i&gt;Votre b&#233;b&#233; est le plus beau des mammif&#232;res&lt;/i&gt; : rares, tr&#232;s rares sont les soci&#233;t&#233;s humaines qui n'ont pas retard&#233; la premi&#232;re mise au sein, refusant le colostrum au b&#233;b&#233; sous les pr&#233;textes les plus divers.
Notre soci&#233;t&#233; n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; cette r&#232;gle : jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 70, il &#233;tait d'usage de faire je&#251;ner le b&#233;b&#233;, en lui donnant &#224; la rigueur des biberons d'eau sucr&#233;e, pendant 18 &#224; 24 heures apr&#232;s l'accouchement. Dans son &lt;i&gt;Trait&#233; de l'allaitement maternel &lt;/i&gt; (Masson, 1930), A.-B. Marfan &#233;crit que le nouveau-n&#233; &quot; pourra &#234;tre mis au sein 12 heures apr&#232;s l'accouchement ; mais il n'y a aucun inconv&#233;nient &#224; ne l'y mettre que vers la fin du premier jour &quot;. Quant au Dr Rehin, dans sa &lt;i&gt;Nouvelle encyclop&#233;die pratique de m&#233;decine et d'hygi&#232;ne&lt;/i&gt; (Quillet 1922), il est encore plus cat&#233;gorique : &quot; Pendant les premi&#232;res heures qui suivent sa naissance, c'est-&#224;-dire pendant douze ou quinze heures, il convient de ne pas se soucier de l'alimentation de l'enfant qui d'ailleurs ne r&#233;clame rien. &quot;
Dans son livre de souvenirs &lt;i&gt;(Les souvenirs et les regrets aussi)&lt;/i&gt;, Catherine All&#233;gret se souvient : &quot; En 1970, nous vivons encore la pr&#233;histoire de la maternit&#233;. Pas question de mettre au sein un enfant tout neuf, on passe joyeusement &#224; c&#244;t&#233; des vertus du colostrum et des &#233;motions des premiers contacts entre une m&#232;re et son enfant, au profit des biberons d'eau sucr&#233;e. &quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;L'intervalle entre les t&#233;t&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les t&#233;moignages le montrent bien : le respect d'un intervalle fixe entre les t&#233;t&#233;es est quelque chose qu'on retrouve tout au long du si&#232;cle. La seule diff&#233;rence, c'est la dur&#233;e de l'intervalle : quatre heures, trois heures, deux heures et demie. On voit dans le roman &lt;i&gt;Le groupe&lt;/i&gt; de Mary McCarthy &#224; quel point proposer un intervalle de trois heures au lieu de quatre pouvait sembler d'une audace folle : &quot; Il se leva et se mit &#224; arpenter la pi&#232;ce . 'Je me demande comment Stephen se comporterait s'il t&#233;tait toutes les trois heures'. Priss &#233;carquilla les yeux. 'Le cycle de quatre heures n'est pas sacro-saint, dit-il en s'approchant du lit. Ne fais pas cette t&#234;te-l&#224;. De jeunes p&#233;diatres sont en train de faire des exp&#233;riences sur le cycle de trois heures (...) Tu donnerais le sein toutes les trois heures pendant une semaine ou deux et tu reviendrais ensuite au cycle de quatre heures. L'essentiel est de garder des cycles de m&#234;me valeur quelle que soit leur dur&#233;e'. &quot;
En effet, quelle que soit la longueur de l'intervalle, l'important &#233;tait bien de &quot; r&#233;gler &quot; l'enfant. Et non seulement l'intervalle &#233;tait fixe, mais les heures des t&#233;t&#233;es aussi &#233;taient fixes et les m&#234;mes pour tous les b&#233;b&#233;s. Dans le cas d'un intervalle de trois heures par exemple, les t&#233;t&#233;es devaient avoir lieu imp&#233;rativement &#224; 6 h, 9 h, 12 h, 15 h, 18 h, 21 h, une t&#233;t&#233;e de nuit &#233;tant admise ou non selon les auteurs, l'&#226;ge et l'&#233;tat de l'enfant (les b&#233;b&#233;s de petit poids y avaient &#233;ventuellement droit). Et bien s&#251;r, la dur&#233;e de ces t&#233;t&#233;es &#233;tait elle aussi r&#233;glement&#233;e : pas plus de 10 ou 15 minutes.
Les raisons invoqu&#233;es &#233;taient d'ordre m&#233;dical (&quot; Les b&#233;b&#233;s de ton &#233;poque avaient la colique. Ce n'&#233;tait pas d&#251; &#224; l'allaitement au sein, mais &#224; l'irr&#233;gularit&#233; de leurs repas &quot;, &lt;i&gt;Le groupe&lt;/i&gt;, page 309) mais aussi &#233;ducatif. C'est ainsi que dans l'ouvrage de Mme Gay, &lt;i&gt;Comment j'&#233;l&#232;ve mon enfant&lt;/i&gt;, publi&#233; sans interruption avec un &#233;gal succ&#232;s de 1924 &#224; 1960 (&#233;poque o&#249; le Pernoud l'a remplac&#233;), on peut lire : &quot; Nous ne sommes plus au temps o&#249;, au risque de se nuire grandement &#224; lui-m&#234;me, c'&#233;tait l'enfant qui d&#233;cidait, par ses cris, de l'heure de ses t&#233;t&#233;es. On sait &#224; pr&#233;sent combien il importe que l'allaitement maternel soit donn&#233; suivant une r&#232;gle. En passant &#224; l'&#233;tude de l'organisation des t&#233;t&#233;es, c'est donc une question de la plus grande importance que nous abordons, non seulement pour le d&#233;veloppement normal de l'enfant, mais aussi, par contrecoup, pour l'&#233;ducation qu'il devra recevoir un peu plus tard en tant qu'&#234;tre raisonnable et libre. Pour lui, t&#233;ter, c'est vivre ; avoir t&#233;t&#233; m&#233;thodiquement, c'est-&#224;-dire suivant une r&#232;gle que sa nourrice aura su appliquer avec constance, c'est &#234;tre pr&#233;par&#233; &#224; une vie &#233;quilibr&#233;e, &#224; un avenir de sant&#233; et de joie, exempt des malaises physiques et moraux qu'engendrent les caprices et les d&#233;sordres. &quot; De m&#234;me, le Dr Rehin &#233;crit : &quot; Il est bon de tracer d'avance un emploi du temps fixant les heures &#224; laquelle le sein devra &#234;tre donn&#233; et une fois &#233;tabli, il faudra s'y tenir rigoureusement, aucune consid&#233;ration possible ne devra s'en faire &#233;carter sauf, par la suite, lorsqu'il conviendra d'espacer les t&#233;t&#233;es. En agissant de la sorte, on habitue l'enfant &#224; ne pas tourmenter la famille incessamment, on lui laisse le temps n&#233;cessaire &#224; sa digestion, on permet &#224; la m&#232;re de se livrer &#224; ses occupations et de dormir. &quot;
Comme il est dit dans &lt;i&gt;Le groupe&lt;/i&gt;, &quot; les b&#233;b&#233;s sont des pendules qu'il nous faut r&#233;gler avant de les remettre &#224; leur m&#232;re &quot; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Pes&#233;es et compl&#233;ments &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il &#233;tait vivement conseill&#233; d'avoir chez soi un p&#232;se-b&#233;b&#233; pour peser le b&#233;b&#233; avant et apr&#232;s chaque t&#233;t&#233;e. L&#224; aussi, ceux qui avan&#231;aient qu'une pes&#233;e par jour &#233;tait peut-&#234;tre suffisante passaient pour de dangereux r&#233;volutionnaires.
D'apr&#232;s certains auteurs, le b&#233;b&#233; &#233;tant cens&#233; ingurgiter une quantit&#233; fixe de lait &#224; chaque t&#233;t&#233;e, si la pes&#233;e indiquait un &quot; d&#233;ficit &quot; par rapport &#224; cette quantit&#233;, on donnait ensuite au b&#233;b&#233; un biberon savamment dos&#233; de la diff&#233;rence. L'histoire ne dit pas ce qui &#233;tait pr&#233;conis&#233; quand le b&#233;b&#233; avait pris plus que sa dose au sein.
D'autres auteurs admettaient que &quot; la quantit&#233; de lait prise &#224; chaque t&#233;t&#233;e est tr&#232;s variable, non seulement d'un nourrisson &#224; l'autre, mais aussi d'une t&#233;t&#233;e &#224; l'autre &quot; (Marfan).
Il n'en reste pas moins que l'usage immod&#233;r&#233; de la balance a s&#251;rement &#233;t&#233; (et continue &#224; &#234;tre) le plus s&#251;r des &quot; tue-l'allaitement &quot; en ce qu'il incite tr&#232;s facilement &#224; l'introduction de &quot; compl&#233;ments &quot;, dont on conna&#238;t bien le r&#244;le n&#233;faste.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;La-puericulture-contre-l&quot;&gt;&lt;/a&gt; La pu&#233;riculture contre l'allaitement &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est toute la fa&#231;on dont on concevait les soins aux b&#233;b&#233;s qui allait &#224; l'encontre de la r&#233;ussite de l'allaitement : s&#233;paration d&#232;s la naissance, pas de premi&#232;re t&#233;t&#233;e pr&#233;coce, parcage du b&#233;b&#233; &#224; la nurserie ; puis, de retour &#224; la maison, b&#233;b&#233; couch&#233; dans son berceau, dans une pi&#232;ce &#224; part, une t&#233;t&#233;e la nuit et pas plus (et encore, pas tr&#232;s longtemps : pour certains auteurs, le b&#233;b&#233; devait sortir de la maternit&#233; en &quot; faisant ses nuits &quot;). Et surtout, la r&#232;gle absolument imp&#233;rative : ne pas prendre le b&#233;b&#233; quand il pleure. L&#224;, les auteurs sont unanimes. Rehin : &quot; Il est bien pr&#233;f&#233;rable de le laisser couch&#233; et, sans piti&#233; pour ses cris, de ne pas lui donner la d&#233;plorable habitude de l'avoir tout le temps sur les bras (...) Rappelons encore &#224; ce sujet qu'il est formellement interdit de bercer les enfants. &quot; Marfan : &quot; Lorsqu'on a acquis la certitude que le cri est d&#251; au caprice ou &#224; la gourmandise, il faut laisser crier l'enfant. &quot; M&#234;me les docteurs Aviragnet et Peignaux qui, dans leurs &lt;i&gt;Soins &#224; donner aux enfants&lt;/i&gt; (Biblioth&#232;que de l'infirmi&#232;re, Poinat &#233;diteur, 1932), critiquent vivement la rigidit&#233; de certains, car &quot; il faut laisser &#224; l'allaitement au sein un certain degr&#233; de spontan&#233;it&#233; &quot;, ne d&#233;rogent pas &#224; la r&#232;gle : &quot; Il est essentiel de veiller d&#232;s le d&#233;but &#224; ce que, si l'enfant se r&#233;veille et crie, la m&#232;re ne c&#232;de pas au d&#233;sir de le calmer en lui donnant le sein en dehors des heures r&#233;glementaires. &quot;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;L-age-du-sevrage&quot;&gt;&lt;/a&gt; L'&#226;ge du sevrage &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme le disent Genevi&#232;ve Delaisi de Parseval et Suzanne Lallemand dans &lt;i&gt;L'art d'accommoder les b&#233;b&#233;s&lt;/i&gt; (Odile Jacob, 1998), &quot; la caract&#233;ristique la plus frappante de la p&#233;riode qui va de la fin du si&#232;cle dernier &#224; nos jours est la diminution r&#233;guli&#232;re, uniforme, de la dur&#233;e de l'allaitement, ou de la nourriture exclusivement lact&#233;e. Le sevrage s'effectue de plus en plus t&#244;t, sans dissension apparente du corps m&#233;dical, sans retour en arri&#232;re. Et les m&#234;mes raisons sont avanc&#233;es, le m&#234;me vocabulaire est employ&#233; pour justifier des pratiques, certes convergentes, mais qui offrent de tr&#232;s spectaculaires &#233;carts sur le plan temporel. Ainsi, les p&#233;dagogues insistent sur l'aspect n&#233;cessairement progressif du sevrage : il doit durer trois mois en 1956, et... huit jours en 1978. De m&#234;me, le crit&#232;re de l'introduction de l'alimentation 'solide' est toujours identique : &#224; un certain moment, le lait ne 'profite' plus suffisamment &#224; l'enfant, son d&#233;veloppement se ralentit ; mais cela se produit &#224; huit mois en 1937, et &#224; quatre en 1965. &quot; On trouve dans leur ouvrage un tableau tr&#232;s instructif des dates de fin de sevrage selon les auteurs et les &#233;poques : de 15/18 mois pour Mor&#232;re en 1887 ou Aviragnet et Peignaux en 1932 &#224; 3 mois et une semaine pour Pernoud en 1978.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Les-croyances-traditionnelles&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les croyances traditionnelles &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y avait pas que la pu&#233;riculture &quot; moderne &quot; pour emp&#234;cher le succ&#232;s de l'allaitement. Un certain nombre de croyances, de peurs et d'interdits (notamment alimentaires), qu'on retrouve dans pratiquement toutes les soci&#233;t&#233;s traditionnelles, &#233;taient toujours vivaces au si&#232;cle dernier (ils le sont peut-&#234;tre encore aujourd'hui, m&#234;me si c'est inconsciemment) : peur de perdre son lait si l'on ne respecte pas certaines r&#232;gles, peur du lait qui tourne (par exemple si l'on a eu une contrari&#233;t&#233; ou si l'on a donn&#233; le sein alors qu'on &#233;tait en sueur), peur du lait empoisonn&#233; en cas de nouvelle grossesse, peur du lait pas assez riche (voir la vogue des analyses de lait dans les ann&#233;es 50, qui analysaient le lait de d&#233;but de t&#233;t&#233;e et revenaient presque toujours avec le verdict : &quot; Votre lait, c'est que de l'eau ! &quot;...).
Une &#233;tude d'Agn&#232;s Fine a bien &#233;tudi&#233; toutes ces peurs. Entre 1978 et 1980, elle a recueilli les t&#233;moignages de femmes d'un village pyr&#233;n&#233;en, qui parlent toutes de ce &quot; lait troubl&#233; &quot; en cas d'&#233;motion forte (&quot; Il ne faudrait pas &#234;tre troubl&#233;e quand on allaite un enfant, il faudrait pas &#234;tre trop sensible. Vous savez, si on a une peur, une peine ou une col&#232;re, ou quelque chose qui vous tracasse, si vous donnez le sein &#224; ce moment-l&#224;, l'enfant l'attrape ! &quot;), de relations sexuelles trop fr&#233;quentes ou de retour de r&#232;gles (&quot; Au bout d'un mois, elle a eu ses r&#232;gles de nouveau, alors ce lait est devenu comme de l'eau. C'est pas la peine de donner ce lait au petit &quot;). De ce &quot; lait contrari&#233; &quot; en cas de nouvelle grossesse (le sang allant vers la matrice pour nourrir l'embryon ne peut plus donner de lait qui, comme le veut la vieille physiologie des humeurs du corps f&#233;minin, est du &quot; sang blanchi &quot;). De ce &quot; lait chaud &quot; (&quot; Elle accourt de son travail tout en sueur, elle pr&#233;sente un sein fumant et fait sucer un lait &#233;chauff&#233; &#226;cre et vici&#233; qui porte en lui le germe de toutes les maladies &quot; - &quot; Ma m&#232;re avait toujours pens&#233; que ce petit &#233;tait mort de &#231;a. Du lait chaud &quot;).
Et n'oublions pas que ces peurs et interdits &#233;taient relay&#233;s par la plupart des professionnels de sant&#233; de l'&#233;poque. Par exemple, le Dr Marfan, dans son &lt;i&gt;Trait&#233; de l'allaitement et de l'alimentation du premier &#226;ge&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; en 1898, r&#233;&#233;dit&#233; en 1902 et en 1930, constamment cit&#233; par tous les m&#233;decins jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale, &#233;crit : &quot; La frayeur, la col&#232;re, le chagrin peuvent supprimer la s&#233;cr&#233;tion lact&#233;e ou m&#234;me la modifier et la rendre d&#233;l&#233;t&#232;re. &quot; De m&#234;me, la peur du &quot; lait chaud &quot; justifie l'interdiction d'allaiter en cas de fi&#232;vre. Dans sa th&#232;se de m&#233;decine, A. Aboulenc d&#233;plore en 1945 : &quot; Nombre de m&#233;decins et d'accoucheurs font arr&#234;ter l'allaitement d&#232;s que la temp&#233;rature de la m&#232;re d&#233;passe 37&#176;5 craignant que des toxines ne passent dans le lait. &quot; S'il revenait pr&#232;s de soixante ans plus tard, il trouverait, h&#233;las, les m&#234;mes interdictions.
Ces peurs et croyances existaient aussi dans des soci&#233;t&#233;s o&#249; malgr&#233; tout, l'allaitement &#233;tait g&#233;n&#233;ral. Mais, comme l'&#233;crit justement Agn&#232;s Fine, &quot; si pour la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente, la pr&#233;sence d'un mauvais lait ne suffisait pas &#224; faire abandonner l'allaitement faute d'alternative, dans les ann&#233;es 1930, l'utilisation de plus en plus simple et facile des laits animaux pasteuris&#233;s ou des laits artificiels, leur innocuit&#233; reconnue, poussent les m&#233;decins &#224; ne plus courir le risque de laisser s'empoisonner l'enfant &quot;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Et-les-meres&quot;&gt;&lt;/a&gt; Et les m&#232;res ? &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer qu'un certain nombre de m&#232;res arrivaient &#224; &#233;chapper &#224; ces r&#232;gles, soit qu'elles n'aient pas acc&#232;s aux &quot; bons conseils &quot; des manuels et des m&#233;decins, soit qu'elles aient assez de force de caract&#232;re pour n'en faire qu'&#224; leur t&#234;te. Mais la plupart n'imaginaient pas y d&#233;roger, et faisaient comme le d&#233;crit l'&#233;crivain Doris Lessing : &quot; Elle se penchait vers le berceau, les mains serr&#233;es derri&#232;re le dos, pour r&#233;sister &#224; la tentation de prendre l'enfant dans ses bras, et regardait le cour battant de piti&#233; et de douleur son petit visage cramoisi ouvrir la bouche de droite &#224; gauche &#224; la recherche du sein &quot; &lt;i&gt;(Les enfants de la violence&lt;/i&gt;). Ou Tillie Olsen : &quot; Je faisais ce que les livres conseillaient alors. Ses hurlements me brisaient le cour, mes seins gonfl&#233;s me faisaient mal, mais j'attendais l'heure. &quot;
Il est temps &#224; ce stade de parler de La Leche League, qui a accompagn&#233; l'histoire de l'allaitement pendant toute la seconde moiti&#233; du si&#232;cle en luttant contre ce r&#232;gne de la &quot; pens&#233;e unique &quot;. Cr&#233;&#233;e en 1956 dans la banlieue de Chicago par sept femmes d&#233;sireuses d'aider les femmes de leur voisinage &#224; r&#233;ussir l'allaitement de leurs b&#233;b&#233;s, LLL n'a cess&#233; d'opposer aux diktats des professionnels de sant&#233; l'exp&#233;rience v&#233;cue des m&#232;res : importance de la t&#233;t&#233;e pr&#233;coce, t&#233;t&#233;es &#224; la demande, sans minutage ni intervalle &#224; respecter, t&#233;t&#233;es nocturnes, retard de l'introduction des solides vers le milieu de la premi&#232;re ann&#233;e, respect des besoins de l'enfant (regarder le b&#233;b&#233; plut&#244;t que la pendule ou la balance). tout le contraire de ce que pr&#233;conisaient &#224; l'&#233;poque les professionnels et les manuels.
Jule DeJager Ward, une chercheuse am&#233;ricaine qui a &#233;crit un ouvrage sur LLL, cite le Dr Lawrence Gartner, pr&#233;sident du d&#233;partement de p&#233;diatrie &#224; la Facult&#233; de m&#233;decine de l'Universit&#233; de Chicago, disant qu'&quot; en Occident en particulier, il y a une longue tradition voulant que les m&#233;decins, et non les m&#232;res, soient les experts en mati&#232;re d'alimentation infantile. Tr&#232;s souvent, leurs conseils &#233;taient &#224; l'exact oppos&#233; de ce qu'on consid&#232;re aujourd'hui comme une bonne conduite de l'allaitement &quot;. Le travail de LLL visant &#224; redonner les b&#233;b&#233;s &#224; leurs m&#232;res peut &#234;tre consid&#233;r&#233;, selon l'historienne Lynn Werner, comme pr&#233;curseur des groupes de self-help et de la prise d'autonomie des femmes en mati&#232;re de sant&#233; &#224; partir des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Les-annees-70-80-et-90&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les ann&#233;es 70, 80 et 90 &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1970, justement, sont assez contradictoires sur le plan de l'allaitement. On y trouve bien s&#251;r le mouvement de &quot; retour &#224; la nature &quot;, la r&#233;flexion &#233;cologique, la recherche d'une nourriture plus saine, ainsi que la reconqu&#234;te de leur corps par les femmes et une &#233;ducation &quot; libertaire &quot; des enfants qui rejette les r&#232;gles et les contraintes. Tout cela permet &#224; un certain nombre de femmes de vivre un allaitement plus heureux, d&#233;barrass&#233; des rigidit&#233;s d&#233;crites ci-dessus. En t&#233;moignent les livres d'Annie Leclerc (&lt;i&gt;Parole de femme&lt;/i&gt;) ou Hortense Dufour : &quot; Gaspard aime mon lait, ma peau. Je fais ce que je veux avec lui et il rampe et il t&#232;te et je dors et je me r&#233;veille et je le reprends et je le l&#232;che et je l'oublie et je le reprends et le remets encore &#224; ma source de lait &quot; (&lt;i&gt;La guenon qui pleure&lt;/i&gt;)
Mais c'est aussi le temps des f&#233;ministes &#233;galitaristes qui, contrairement aux f&#233;ministes du d&#233;but du si&#232;cle (voir les travaux d'Anne Cova), &#224; celles des pays scandinaves et au courant essentialiste (H&#233;l&#232;ne Cixous, Luce Irigaray.), voient dans la maternit&#233;, &#224; la suite de Simone de Beauvoir, un esclavage dont les femmes doivent se lib&#233;rer, et dans l'allaitement &quot; une servitude &#233;puisante &quot;.
Apr&#232;s une remont&#233;e des taux d'allaitement dans ces ann&#233;es-l&#224; (36,6 % d'allaitement au 5e jour en 1972, 46 % en 75/76), les ann&#233;es 1980 et la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990 verront une stagnation persistante (43,8 % en 1986, 45,8 % en 1995) alors que dans le m&#234;me temps, les organisations internationales (OMS, Unicef...) multiplient les initiatives visant &#224; promouvoir et soutenir l'allaitement maternel : Code OMS de commercialisation des substituts du lait maternel, D&#233;claration commune OMS/Unicef avec les &quot; 10 conditions &quot;, D&#233;claration d'Innocenti, Initiative H&#244;pital Ami des B&#233;b&#233;s, etc.
C'est depuis 1996 environ qu'on assiste enfin en France &#224; un &quot; d&#233;collage &quot; de l'allaitement. Au niveau des chiffres : 46,4 % en 1996, 48,8 % en 1997, 50,1 % en 1999, 52 % en 2000 (66,3 % en 2007). Au niveau des m&#233;dias, des autorit&#233;s sanitaires (Plan National Nutrition Sant&#233;) et maintenant des professionnels de sant&#233; (recommandations ANAES).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt; &lt;a name=&quot;Bibliographie&quot;&gt;&lt;/a&gt; Bibliographie &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.societe-histoire-naissance.fr/\&quot;plugins/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;i&gt;Allaiter autrefois&lt;/i&gt;, BT2 n&#176; 247, mai 1992.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Claude Didierjean-Jouveau, Bref aper&#231;u historique de l'allaitement, Les &lt;i&gt;Dossiers de l'obst&#233;trique&lt;/i&gt;, novembre 2000, p. 23-25.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Hedwige Lauer, L'enfant dans l'histoire, &lt;i&gt;Cahiers de la pu&#233;ricultrice&lt;/i&gt;, septembre 1991, p. 44-50.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Catherine Rollet, L'allaitement artificiel des nourrissons avant Pasteur, &lt;i&gt;Annales de d&#233;mographie historique&lt;/i&gt;, 1994, p. 81-91.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Joseph Lefort, La mortalit&#233; des nouveau-n&#233;s en France et &#224; l'&#233;tranger, &lt;i&gt;Journal des &#233;conomistes&lt;/i&gt;, novembre 1878.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; B. Le Luyer, De la Goutte de lait &#224; la poudre de lait, &lt;i&gt;Revue internationale de p&#233;diatrie&lt;/i&gt;, avril/mai 1996, p. 14-22.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Agn&#232;s Fine, Le nourrisson &#224; la crois&#233;e des savoirs, &lt;i&gt;Annales de d&#233;mographie historique&lt;/i&gt;, 1994 p. 201-214.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Hindley et al, Some differences in infant feeding and elimination training in five European longitudinal samples,&lt;i&gt; J child Psychol Psychiat&lt;/i&gt;, 1965, p. 179-201.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comment allaitaient nos grands-m&#232;res et nos m&#232;res ?, &lt;i&gt;Cahiers de la pu&#233;ricultrice&lt;/i&gt;, septembre 2001.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, L'allaitement est-il compatible avec le f&#233;minisme ?, &lt;i&gt;Spirale&lt;/i&gt;, 2003, 3.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Marie-Claude Delahaye, &lt;i&gt;T&#233;tons et t&#233;tines&lt;/i&gt;, Editions Trame Way, 1990.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Anne Cova, &lt;i&gt;Maternit&#233; et droits des femmes en France (XIXe - XXe si&#232;cles)&lt;/i&gt;, Anthropos, 1997. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Genevi&#232;ve Delaisi de Parseval et Suzanne Lallemand, &lt;i&gt;L'art d'accommoder les b&#233;b&#233;s&lt;/i&gt;, Odile Jacob, 1998.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Marie-France Morel, &lt;i&gt;Une histoire de l'allaitement&lt;/i&gt;, La Martini&#232;re, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;i&gt;Breastfeeding : biocultural perspectives&lt;/i&gt;, sous la direction de Patricia Stuart-Macadam et Katherine A. Dettwyler, Aldine de Gruyter, 1995.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vanessa Maher, &lt;i&gt;The anthropology of breastfeeding&lt;/i&gt;, Berg, 1992.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mary McCarthy, &lt;i&gt;Le groupe&lt;/i&gt;, Stock.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mary Ann Cahill, &lt;i&gt;Seven voices, one dream&lt;/i&gt;, LLLI, 2001.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Jule Dejager Ward, &lt;i&gt;La Leche League, at the crossroads of medicine, feminism and religion&lt;/i&gt;, The University of North Carolina Press, 2000.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-b45f7.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;i&gt;Anthologie de l'allaitement materne&lt;/i&gt;l, textes r&#233;unis par Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, &#233;ditions Jouvence, 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un site sur l'histoire du biberon</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article63</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article63</guid>
		<dc:date>2012-02-10T19:14:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;http://www.histoire-du-biberon.com Un site tenu par des collectionneurs de biberons anciens qui pr&#233;sente beaucoup d'images et de documents (dont des articles en ligne de Scarlett Beauvalet et de Danielle Alexandre-Bidon, entre autres&#8230;).&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Liens&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-seconde-vie-des-bebes-morts&amp;#39;&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-nouvelle-representation-du&amp;#39;&gt;Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-loi-de-1993&amp;#39;&gt;La loi de 1993&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-enquetes-existantes&amp;#39;&gt; Les enqu&#234;tes existantes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&amp;#39;&gt;La th&#233;orie freudienne sur le deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-figure-du-foetus&amp;#39;&gt;La figure du f&#339;tus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-inquietude&amp;#39;&gt;Une &#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-colonisation-des-corps&amp;#39;&gt;La &quot;colonisation des corps&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Que-nous-apprend-l-etude-de-la&amp;#39;&gt;Que nous apprend l&amp;#39;&#233;tude de la maternit&#233; sur le syst&#232;me colonial ? &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-colonie-modele&amp;#39;&gt;Une &quot;colonie mod&#232;le&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Medicalisation-de-la-maternite&amp;#39;&gt;M&#233;dicalisation de la maternit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-femmes-accusees&amp;#39;&gt;Les femmes accus&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-succes-de-la-maternite-d-Accra&amp;#39;&gt;Le succ&#232;s de la maternit&#233; d&amp;#39;Accra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Formation-de-sages-femmes&amp;#39;&gt;Formation de sages-femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-mode-d-accouchement&amp;#39;&gt;Le mode d&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-centres-de-PMI&amp;#39;&gt;Les centres de PMI&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#De-bonnes-meres&amp;#39;&gt;De &quot;bonnes m&#232;res&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-origines-du-GRENN&amp;#39;&gt;Les origines du GRENN&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Mode-de-fonctionnement&amp;#39;&gt;Mode de fonctionnement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Motivations&amp;#39;&gt;Motivations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-lieu-de-l-accouchement&amp;#39;&gt;Le lieu de l&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-culpabilisation-des-femmes&amp;#39;&gt;La culpabilisation des femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-douleur&amp;#39;&gt;La douleur&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Un-combat-feministe&amp;#39;&gt;Un combat f&#233;ministe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.histoire-du-biberon.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.histoire-du-biberon.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un site tenu par des collectionneurs de biberons anciens qui pr&#233;sente beaucoup d'images et de documents (dont des articles en ligne de Scarlett Beauvalet et de Danielle Alexandre-Bidon, entre autres&#8230;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LA NAISSANCE, UNE R&#201;VOLUTION</title>
		<link>http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article62</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article62</guid>
		<dc:date>2012-02-10T14:49:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Soci&#233;t&#233; d'Histoire de la Naissance</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Documentaire de Franck Cuvelier, accompagn&#233; d&#232;s l'origine par la Soci&#233;t&#233; d'Histoire de la Naissance et ses membres...&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_85 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.societe-histoire-naissance.fr/IMG/jpg/Film_LaNaissance.jpg' width='640' height='1092' alt='JPEG - 581 ko' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;

-
&lt;a href="http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.societe-histoire-naissance.fr/local/cache-vignettes/L88xH150/arton62-4c7b0.jpg&quot; width='88' height='150' style='height:150px;width:88px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-seconde-vie-des-bebes-morts&amp;#39;&gt;La seconde vie des b&#233;b&#233;s morts&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-nouvelle-representation-du&amp;#39;&gt;Une nouvelle repr&#233;sentation du deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-loi-de-1993&amp;#39;&gt;La loi de 1993&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-enquetes-existantes&amp;#39;&gt; Les enqu&#234;tes existantes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-theorie-freudienne-sur-le-deuil&amp;#39;&gt;La th&#233;orie freudienne sur le deuil&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-figure-du-foetus&amp;#39;&gt;La figure du f&#339;tus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-inquietude&amp;#39;&gt;Une &#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-colonisation-des-corps&amp;#39;&gt;La &quot;colonisation des corps&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Que-nous-apprend-l-etude-de-la&amp;#39;&gt;Que nous apprend l&amp;#39;&#233;tude de la maternit&#233; sur le syst&#232;me colonial ? &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Une-colonie-modele&amp;#39;&gt;Une &quot;colonie mod&#232;le&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Medicalisation-de-la-maternite&amp;#39;&gt;M&#233;dicalisation de la maternit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-femmes-accusees&amp;#39;&gt;Les femmes accus&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-succes-de-la-maternite-d-Accra&amp;#39;&gt;Le succ&#232;s de la maternit&#233; d&amp;#39;Accra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Formation-de-sages-femmes&amp;#39;&gt;Formation de sages-femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-mode-d-accouchement&amp;#39;&gt;Le mode d&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-centres-de-PMI&amp;#39;&gt;Les centres de PMI&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#De-bonnes-meres&amp;#39;&gt;De &quot;bonnes m&#232;res&quot;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Les-origines-du-GRENN&amp;#39;&gt;Les origines du GRENN&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Mode-de-fonctionnement&amp;#39;&gt;Mode de fonctionnement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Motivations&amp;#39;&gt;Motivations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Le-lieu-de-l-accouchement&amp;#39;&gt;Le lieu de l&amp;#39;accouchement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-culpabilisation-des-femmes&amp;#39;&gt;La culpabilisation des femmes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#La-douleur&amp;#39;&gt;La douleur&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&amp;#39;#Un-combat-feministe&amp;#39;&gt;Un combat f&#233;ministe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)).attr(&quot;rel&quot;,&quot;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;... donc &#224; voir absolument !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.societe-histoire-naissance.fr/IMG/jpg/Film_LaNaissance.jpg" length="595038" type="image/jpeg" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
